ArrĂȘtĂ© du 26 avril 2017 relatif au rĂ©fĂ©rentiel de connaissances et de compĂ©tences des . psychologues de lâĂducation nationale - ArrĂȘtĂ© du 23 aoĂ»t 2017 fixant les modalitĂ©s de stage, dâĂ©valuation et de titularisation . des psychologues de lâĂducation nationale stagiaires.
Illui indique que ces stages dĂ©nommĂ©s « stages de responsabilisation pour la prĂ©vention et la lutte contre les violences au sein des couples » peuvent ĂȘtre aussi une alternative aux poursuites et participent, par la sensibilisation et la responsabilisation de leur auteur, Ă la prĂ©vention de la rĂ©cidive.
EnmatiĂšre de sĂ©curitĂ© et santĂ© au travail, les objectifs de lâOccupational Health and Safety (OHS) visent Ă la responsabilisation journaliĂšre des quelque 15â000 Ă©tudiants et chercheurs sur le campus et dans les antennes de lâEPFL. Les membres du OHS forment une Ă©quipe pluridisciplinaire travaillant pour la prĂ©vention, le soutien, la formation et le contrĂŽle de la
LOMS dĂ©finit alors la prĂ©vention exclusivement en fonction du stade de la pathologie et distingue 3 types de prĂ©vention : Ââ Primaire, qui a pour but dâempĂȘcher la survenue dâune maladie (la mesure-type Ă©tant la vaccination) ; â Secondaire, qui a pour objectif dâenrayer le dĂ©veloppement dâune maladie ou dâen guĂ©rir (câest le cas du dĂ©pistage qui permet de dĂ©tecter
Stagesde responsabilisation pour les auteurs de violences conjugales; Stages de responsabilisation pour les auteurs de violences conjugales . CADRE JURIDIQUE. Dans le cadre de la loi 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité, du décret du 27 septembre 2004 et des circulaires du 16 mars 2004 et 11 avril 2005 et de la loi
DAMAS sâadresse Ă une population de Le Public jeunes de 8 Ă 30 ans auxquels elle propose un accompagnement personnalisĂ© et un suivi fondĂ© sur lâimplication, la responsabilisation, lâautonomie dans le dĂ©veloppement de projets culturels et professionnels Ă travers des mĂ©diums artistiques. La devise de lâassociation « fait par et pour les jeunes ». Concert de Imen ES (AoĂ»t
. Depuis 2017, 11 377 stages de responsabilisation ont Ă©tĂ© prononcĂ©s dans le cadre d'une alternative aux poursuites ou d'une condamnation pour violences conjugales. illustration AFP / Hans Lucas Article AbonnĂ© LĂ©gĂšrement usĂ© par le temps, un porte-clĂ© en forme de nounours trĂŽne au milieu de la table. Cinq hommes l'observent, perplexes. "Pouvez-vous me dire oĂč se situe cet objet par rapport Ă vous ?", leur demande simplement Sylvie, psychologue de l'association EspĂ©rer 95, en dĂ©signant l'ourson du regard. Sans grande conviction, chacun rĂ©pond. "Devant moi" ; "Ă gauche" ; "Ă droite". La mĂ©diatrice sourit. "Et maintenant, que se passe-t-il si je vous dis que vous ĂȘtes tous des menteurs ?", lĂąche-t-elle. Silence dans la salle. "Ma rĂ©alitĂ© Ă moi, c'est que le porte-clĂ© n'est ni Ă droite ni Ă gauche, mais pile en face de mon bureau. Alors, qui a raison ?". Le dĂ©bat est lancĂ© certains dĂ©libĂšrent, d'autres comprennent tout de suite la mĂ©taphore. En pleine discussion avec l'animatrice, l'un des participants s'impatiente. "C'est bien Ă vous que je parle, non ?", s'agace-t-il lorsqu'on lui demande de rĂ©pĂ©ter son point de vue. Sylvie ne se formalise pas l'atelier a provoquĂ© les rĂ©actions escomptĂ©es chez les cinq auteurs de violences conjugales qu'elle accueille en ce mercredi d'octobre. Pendant une dizaine de minutes, la psychologue s'appuiera sur l'exemple de la peluche pour dĂ©crire les diffĂ©rentes perceptions qui peuvent ressortir d'une mĂȘme situation, et la dangerositĂ© de vouloir imposer Ă tout prix son point de vue Ă l'autre. "C'est comme ça qu'une dispute peut dĂ©gĂ©nĂ©rer. Lorsque l'autre nous fait mal, on va avoir tendance Ă lui faire encore plus mal la fois d'aprĂšs, c'est l'escalade. Et lorsqu'il n'y a plus de mots, on passe Ă l'acte", conclut-elle. Les hommes acquiescent, Ă©voquant, chacun leur tour, les conflits vĂ©cus dans leurs relations passĂ©es. Tous sont rĂ©unis au deuxiĂšme Ă©tage du pĂŽle socio-judiciaire de l'association, Ă Pontoise, dans le Val-d'Oise. Tous pour les mĂȘmes types de faits ils ont Ă©tĂ© accusĂ©s de violence envers leur compagne. Comme alternative aux poursuites, durant leur contrĂŽle judiciaire ou dans le cadre d'un sursis probatoire, la justice a dĂ©cidĂ© de les orienter vers ce stage de responsabilisation "pour la prĂ©vention et la lutte contre les violences au sein du couple et sexistes", auquel ils assistent depuis dĂ©jĂ trois semaines. Le but ? Ăviter, Ă tout prix, d'Ă©ventuelles rĂ©cidives. "Je lui ai tirĂ© les cheveux"Leur prĂ©sence Ă ces modules n'est pas une coĂŻncidence le procureur de Pontoise a estimĂ© que ces hommes ne reprĂ©sentaient pas un danger immĂ©diat pour leur victime. "Les auteurs sont orientĂ©s vers ces stages lorsque l'on traite de faits de violence totalement isolĂ©s, de faible intensitĂ©, sans contexte d'emprise, et sans antĂ©cĂ©dents d'agressions", indique Ă L'Express Ingrid Görgen, vice-procureure en charge du secrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral du parquet de Pontoise. "S'il y a le moindre doute, un autre mode de poursuite sera choisi", prĂ©cise-t-elle. A la fin du mois de septembre, c'est dans un silence gĂȘnĂ© que se sont ainsi rencontrĂ©s, pour la premiĂšre fois, six participants au stage. AprĂšs avoir dĂ©boursĂ© 120 euros, chacun s'installe tranquillement dans la grande salle charpentĂ©e mise Ă disposition par l'association. Autour d'eux, de nombreuses chaises restent vides - cinq participants ont dĂ©cidĂ© de ne pas se prĂ©senter. Pour ceux-lĂ , ainsi que pour ceux qui ne suivraient pas la totalitĂ© des modules, retour Ă la case dĂ©part, devant le procureur. Offre limitĂ©e. 2 mois pour 1⏠sans engagement Avant de commencer la sĂ©ance, Marine, leur mĂ©diatrice, laisse passer quelques minutes. Personne n'ose vraiment se confronter Ă son regard, ni Ă celui des autres stagiaires. "Notre rĂŽle Ă nous, c'est de planter des petites graines, et d'observer si ça prend ou non. Nous ne sommes pas lĂ pour juger la personne, mais pour juger l'acte", commence l'intervenante sociale, avant d'encourager chacun Ă exposer les raisons de sa prĂ©sence. "On en est venus aux mains, malheureusement", commence Louis*, racontant une dispute survenue aprĂšs sa sĂ©paration avec sa conjointe. "Je lui ai tirĂ© les cheveux, je l'ai poussĂ©e", tĂ©moigne de son cĂŽtĂ© Mehdi*, Ă demi-mot. Les histoires se suivent et se ressemblent. Pour une insulte, aprĂšs une tromperie, une rupture, une soirĂ©e trop alcoolisĂ©e... Chacun tente de justifier son acte. "J'avais bu ; "j'Ă©tais en burn-out" ; "elle m'a provoquĂ©e". Parfois, certains banalisent la situation. "Je l'ai juste bousculĂ©e" ; "C'Ă©tait seulement un coup de coude". Ces mĂ©canismes de dĂ©fense sont bien connus des psychologues de l'association. "Ils expliquent leur passage Ă l'acte par le contexte, ou par le comportement de l'autre, alors que ce sont bien eux qui sont maĂźtres de leurs actes", analyse Aline De Rolao, psychologue clinicienne. "Nous sommes lĂ pour dĂ©construire cela, et reconstruire ensuite une vision moins subjective des faits". A chaque tĂ©moignage, Marine n'hĂ©site pas Ă rebondir sur les propos de ses interlocuteurs, afin de leur faire changer de perception sur le conflit Ă©voquĂ©. Lorsque Mehdi parle par exemple de "provocation" au sujet d'une dispute, elle intervient. "Si je vous provoque moi, vous allez me pousser ou me tirer les cheveux ?". RĂ©ponse floue de l'intĂ©ressĂ© "Non, ce n'est pas pareil... Si j'ai lĂąchĂ© prise, c'est parce que j'Ă©tais Ă la maison". L'Ă©ducatrice spĂ©cialisĂ©e attrape la perche qu'on lui tend. "Nous allons donc travailler sur le concept d'ĂȘtre Ă la maison comme dans un endroit oĂč l'on peut tout lĂącher. Se sentir soi-mĂȘme, et en sĂ©curitĂ©. Pensez-vous que votre femme a ressenti, elle, ce sentiment de sĂ©curitĂ© ?". Une discussion dĂ©bute, la coordinatrice reviendra sur cet exemple Ă plusieurs reprises durant la sĂ©ance. En prenant appui sur des exemples concrets, des chiffres, des mises en situation, un certain dĂ©clic semble s'opĂ©rer. Entre les stagiaires, certains liens se tissent. "On se comprend, frĂ©rot !", lance l'un des participants Ă son voisin lors d'une discussion sur la procĂ©dure pĂ©nale, pour laquelle ils employaient tous les deux le mauvais terme. Mais Marine n'a jamais peur de recadrer la sĂ©ance. Alors qu'elle liste les diffĂ©rents types de violences, elle dĂ©crit fermement les peines encourues en cas de circonstances aggravantes, de viol conjugal ou de violences sur mineurs. L'ambiance joviale disparaĂźt soudainement la session se terminera sur ce rappel. Chacun repart dans un silence lĂ©gĂšrement pesant. A la sĂ©ance suivante, l'un des stagiaires ne reviendra pas. Violences "dĂ©vastatrices""On a eu un groupe plutĂŽt cool", estime Marine en rassemblant ses affaires. Comprenez personne ne l'a mise en difficultĂ©, en dĂ©cidant par exemple de perturber la sĂ©ance ou en l'attaquant verbalement. "Parfois, il y a un ou plusieurs leaders qui tentent de nous dĂ©stabiliser et d'entraĂźner les autres participants", raconte-t-elle. "Dans ce cas, on garde notre stature, et parfois, il faut les laisser vider leurs sacs. Puis on reprend". Une impression partagĂ©e par Marie*, psychologue dans une association francilienne d'aide aux victimes, intervenue lors de la deuxiĂšme sĂ©ance du stage. "Certains comprennent tout de suite, on peut construire quelque chose avec eux. Parfois, c'est bien plus compliquĂ©, parce qu'ils sont dans le rejet du cadre". Pendant deux heures, cette psychologue a tentĂ© de marquer l'esprit de ses stagiaires, en leur dĂ©crivant les consĂ©quences durables de leurs actes sur les victimes, en rappelant le cycle de la violence, ou en listant les diffĂ©rents types d'agressions. Insultes, violences psychologiques, Ă©conomiques, matĂ©rielles, viol conjugal... "Toutes ces violences sont dĂ©vastatrices. Et toutes peuvent amener au meurtre conjugal par accident, par impulsion, par une dispute qui dĂ©gĂ©nĂšre", lĂąche-t-elle. "LĂ , c'est quand mĂȘme un autre stade... On n'est pas lĂ pour ça, nous !", tente de nuancer l'un des participants. "Ăa peut arriver plus vite que vous ne le pensez. Certains auteurs n'ont pas l'intention de tuer qui que ce soit en se rĂ©veillant le matin, mais leur victime finit par se prendre le coin de la table, et elle meurt sur le coup", insiste Marie, provoquant chez ses interlocuteurs un moment de flottement. La majoritĂ© du groupe semble avoir compris le message. "Ăa m'a ouvert les yeux""Le stage m'a ouvert les yeux sur pas mal de choses ça m'a rappelĂ© que n'importe quel type de violence, mĂȘme verbale, est inadmissible", confirme ainsi Bastien*, ancien militaire admis en stage aprĂšs une violente altercation avec sa compagne. L'homme de 48 ans est dĂ©sormais convaincu qu'il ne dĂ©passera plus jamais "la ligne rouge", et se dit prĂȘt Ă partager son expĂ©rience autour de lui. Il admet mĂȘme que les sĂ©ances lui ont permis de tisser des amitiĂ©s naissantes il lui est arrivĂ© de revoir, Ă l'extĂ©rieur du stage, l'un des membres du groupe. "On discute, on s'envoie des textos. Ăa fait du bien de parler de notre situation, on se comprend mutuellement". Une victoire pour Sylvie et ses collĂšgues "On leur donne des outils pour Ă©viter le passage Ă l'acte, ou pour dĂ©celer les signes prĂ©curseurs. Beaucoup se les approprient, trĂšs peu les trouvent inutiles", conclut la psychologue. Mais elle prĂ©vient parfois, le stage ne suffit pas. "Il arrive que certains ne soient pas rĂ©ceptifs, mĂȘme si c'est extrĂȘmement rare". Si l'organisme ne dispose actuellement d'aucun outil lui permettant de suivre Ă long terme le parcours des auteurs accueillis entre ses murs, un signe ne trompe pas. "En sept ans, je n'ai revu que trois ou quatre personnes rĂ©orientĂ©es auprĂšs de notre service par la justice pour les mĂȘmes types de faits", souligne Marine. "Ăa montre bien que le stage les a aidĂ©s Ă prendre conscience des choses". De 2017 Ă 2020, le ministĂšre de la Justice rappelle que 11 377 stages de ce type ont Ă©tĂ© prononcĂ©s dans le cadre d'une alternative aux poursuites ou d'une condamnation pour violences conjugales - un chiffre en trĂšs nette augmentation depuis 2019 et le Grenelle des violences conjugales. En 2020, 179 auteurs de violence ont ainsi Ă©tĂ© orientĂ©s vers les stages d'EspĂ©rer 95, co-porteur avec l'association Arile et treize autres organismes du projet de Centre de suivi et de prise en charge des auteurs CPCA pour l'Ile-de-France. Parmi eux, 96% Ă©taient des hommes. *Certains prĂ©noms ont Ă©tĂ© modifiĂ©s afin de respecter l'anonymat des personnes interrogĂ©es. InfographieDario Ingiusto / L'Express InfographieDario Ingiusto / L'Express Les plus lus OpinionsLa chronique de Vincent PonsVincent Pons, avec Boris VallĂ©eLa chronique de Marion Van RenterghemPar Marion Van RenterghemLa chronique de Sylvain FortPar Sylvain FortLa chronique du Pr Gilles PialouxPar le Pr Gilles Pialoux
DiffĂ©rentes structures permettent aux acteurs et aux partenaires de l'Ă©ducation nationale de se rencontrer. Certaines d'entre elles ont un pouvoir dĂ©cisionnel. En tant que parent d'Ă©lĂšve, vous avez toute votre place pour siĂ©ger. N'hĂ©sitez pas Ă contacter l'Ă©quipe PEEP de votre Ă©tablissement pour vous renseigner. Le conseil de discipline de l'Ă©tablissement Composition Il est composĂ© du chef d'Ă©tablissement, de son adjoint, du gestionnaire de l'Ă©tablissement, de 4 reprĂ©sentants des personnels d'enseignement et d'Ă©ducation, de 3 reprĂ©sentants Ă©lus des parents d'Ă©lĂšves et de 2 Ă©lĂšves, du conseiller principal d'Ă©ducation et 1 personnel ATOS. Les reprĂ©sentants des parents sont Ă©lus chaque annĂ©e en leur sein par les membres titulaires et supplĂ©ants au sein du conseil d'administration appartenant Ă leur catĂ©gorie au scrutin proportionnel au plus fort reste. Pour chaque membre Ă©lu, un supplĂ©ant est dĂ©signĂ© dans les mĂȘmes conditions. Missions Le conseil de discipline de l'Ă©tablissement est compĂ©tent pour prononcer Ă l'encontre des Ă©lĂšves les sanctions suivantes avertissement, blĂąme, mesure de responsabilisation, exclusion temporaire de la classe, exclusion temporaire ou dĂ©finitive de l'Ă©tablissement ou de ses services annexes. Le conseil de discipline est automatiquement saisi quand un membre du personnel est victime de violence physique. Chaque Ă©lĂšve convoquĂ© devant le conseil de discipline a le droit de se dĂ©fendre et de se faire assister de la personne de son choix. Le conseil de discipline dĂ©libĂšre Ă bulletins secrets Ă la majoritĂ© des suffrages exprimĂ©s. Les dĂ©cisions prises peuvent ĂȘtre contestĂ©es auprĂšs du recteur de l'acadĂ©mie, dans un dĂ©lai de huit jours Ă comper de sa notification. ParticularitĂ© Le dĂ©cret n°2014-522 du 22 mai 2014 insiste sur la nĂ©cessitĂ© des Ă©tapes de prĂ©vention et de dialogue prĂ©alablement Ă l'application d'une sanction. En fonction de la situation et des risques de troubles, dans l'Ă©tablissement et Ă ses abords, qu'est susceptible d'entraĂźner la rĂ©union d'un conseil de discipline, celui-ci peut, sur dĂ©cision de son prĂ©sident, ĂȘtre rĂ©uni dans un autre Ă©tablissement ou, le cas Ă©chĂ©ant, dans les locaux de l'inspection acadĂ©mique. Dans cette hypothĂšse, sa compostiion n'est pas modifiĂ©e. Plus d'infos... La commission d'hygiĂšne et de sĂ©curitĂ© Le dĂ©cret n° 91-1194 du 27 novembre 1991 pris pour lâapplication de lâarticle 30 de la loi n°91-1 du 3 janvier 1991, impose la mise en place dâune commission dâhygiĂšne et de sĂ©curitĂ© dans les EPLE dispensant un enseignement technique ou professionnel. Composition PrĂ©sidĂ©e par le chef d'Ă©tablissement, elle est composĂ©e de 2 parents d'Ă©lĂšves, 2 Ă©lĂšves, le CPE, 2 enseignants, le gestionnaire, le chef de travaux, 1 reprĂ©sentant de la collectivitĂ© de rattachement, 1 reprĂ©sentant au titre des personnels administratifs, sociaux, de santĂ©, techniques... Les reprĂ©sentants des personnels enseignants, des parents et des Ă©lĂšves sont dĂ©signĂ©s par le chef dâĂ©tablissement sur proposition des membres du conseil dâadministration appartenant Ă leurs catĂ©gories respectives. Missions - Promouvoir la formation Ă la sĂ©curitĂ© pour les Ă©lĂšves et les personnels, - Contribuer Ă lâamĂ©lioration des conditions dâhygiĂšne et de sĂ©curitĂ© dans lâĂ©tablissement, - SâintĂ©resser aux conditions de travail des Ă©lĂšves et des personnels, - Visiter tous les locaux de lâĂ©tablissement, - Rendre des avis et faire des propositions ; ces avis prendront la forme dâanalyses de difficultĂ©s rencontrĂ©es, de bilans,⊠- Effectuer des Ă©tudes et des enquĂȘtes sur la nature des risques, les accidents qui seront intervenus ou sur le point dâintervenir, ainsi que les moyens pour y remĂ©dier, - CrĂ©er des groupes de travail pour instruire un dossier. Plus d'infos... La commission Ă©ducative Composition de la commission Ă©ducative La commission Ă©ducative est prĂ©sidĂ©e par le chef dâĂ©tablissement ou son reprĂ©sentant. Elle comprend Ă©galement des personnels de l'Ă©tablissement, dont au moins 1 enseignant, et au moins 1 parent d'Ă©lĂšve. Les membres sont dĂ©signĂ©s par le chef d'Ă©tablissement et la composition est arrĂȘtĂ©e par le conseil d'administration et est inscrite dans le rĂšglement intĂ©rieur de l'Ă©tablissement. Chaque membre est tenu Ă l'obligation de secret sur les faits dont il a connaissance au cours des rĂ©unions de la commission. RĂŽle de la commission - Elle examine la situation de lâĂ©lĂšve dont le comportement est inadaptĂ© Ă la vie scolaire ou qui ne remplit pas ses obligations scolaires. La commission ne sanctionne pas le comportement d'un Ă©lĂšve mais recherche une solution Ă©ducative adaptĂ©e et personnalisĂ©e Ă la situation, comme par exemple la mise en place d'une mesure de responsabilisation. - Elle est Ă©galement consultĂ©e quand un incident implique plusieurs Ă©lĂšves. - Elle assure le suivi des solutions Ă©ducatives personnalisĂ©es. - Elle participe Ă©galement Ă la prĂ©vention et la lutte contre le harcĂšlement et la discrimination en milieu scolaire Plus d'infos... ComitĂ© d'Education Ă la SantĂ© et Ă la CitoyennetĂ© Le comitĂ© d'Ă©ducation Ă la santĂ© et Ă la citoyennetĂ© CESC s'inscrit dans le pilotage de chaque Ă©tablissement scolaire du second degrĂ©, conformĂ©ment aux dispositions des articles R 421-46 et 421-47 du Code l'Ă©ducation. Le CESC est rĂ©uni rĂ©guliĂšrement Ă l'initiative du chef d'Ă©tablissement ou Ă la demande du conseil d'administration. Missions - Contribuer Ă l'Ă©ducation Ă la citoyennetĂ©, - PrĂ©parer le plan de prĂ©vention de la violence, - Proposer des actions pour aider les parents en difficultĂ©s et lutter contre l'exclusion, - DĂ©finir un programme d'Ă©ducation Ă la santĂ© et Ă la sexualitĂ© et de prĂ©vention des conduites addictives. Composition Le CESC, prĂ©sidĂ© par le chef d'Ă©tablissement s'inscrit dans le pilotage de l'Ă©tablissement. Il comprend les personnels d'Ă©ducation, sociaux et de santĂ© de l'Ă©tablissement, les reprĂ©sentants des personnels enseignants, des parents et des Ă©lĂšves dĂ©signĂ©s par le chef d'Ă©tablissement, les reprĂ©sentants de la commune et de la collectivitĂ© de rattachement. Les reprĂ©sentants des personnels enseignants, des parents et des Ă©lĂšves sont dĂ©signĂ©s par le chef d'Ă©tablissement sur proposition des membres du conseil d'administration appartenant Ă leurs catĂ©gories respectives. Le chef dâĂ©tablissement veillera Ă une composition Ă©quilibrĂ©e du CESC afin dâen garantir un fonctionnement efficace. Le nombre total des membres ainsi que celui des reprĂ©sentants de chaque catĂ©gorie de personnels reprĂ©sentĂ©s est validĂ© par le conseil dâadministration. Le CESC est rĂ©uni rĂ©guliĂšrement Ă lâinitiative du chef dâĂ©tablissement ou Ă la demande du conseil dâadministration. Plus d'infos... LE CONSEIL DE LA VIE COLLEGIENNE CVC Composition Le conseil de la vie collĂ©gienne est composĂ© de reprĂ©sentants des Ă©lĂšves, d'au moins deux reprĂ©sentants des personnels dont un personnel enseignant et d'au moins un reprĂ©sentant des parents d'Ă©lĂšves. Le conseil est prĂ©sidĂ© par le chef d'Ă©tablissement. Le conseil d'administration fixe par une dĂ©libĂ©ration la composition, les modalitĂ©s d'Ă©lection ou de dĂ©signation des membres, les modalitĂ©s de fonctionnement du conseil ainsi que les conditions dans lesquelles les propositions de celui-ci lui sont prĂ©sentĂ©es. Les membres du conseil de la vie collĂ©gienne sont Ă©lus ou dĂ©signĂ©s au plus tard Ă la fin de l'annĂ©e civile suivant la rentrĂ©e scolaire. Mission Il est une instance de dialogue entre les Ă©lĂšves et entre les Ă©lĂšves et les membres de la communautĂ© Ă©ducative. Il formule notamment des propositions sur l'organisation de la scolaritĂ© et du temps scolaire, sur l'Ă©laboration du projet d'Ă©tablissement et du rĂšglement intĂ©rieur, sur les Ă©quipements, la restauration et l'internat. Il vise Ă faboriser la coopĂ©ration et la cohĂ©sion entre les Ă©lĂšves ainsi qu'Ă renforcer le sentimement d'appartenance Ă l'Ă©tablissement. Le CVC forme les Ă©lĂšves au fonctionnement d'une instance collĂ©giale participant de la vie de l'Ă©tablissement. Le conseil de vie collĂ©gienne est instituĂ© dans tous les collĂšges par le dĂ©cret n°2016-1631 du 29 novembre 2016. La commission permanente Partager cette page
Le Mendois de 26 ans est Ă Millau ce jeudi 17 mars. Il y revoit son ancienne compagne. Ils se retrouveront dans quelques jours pour discuter de la garde de leur enfant aujourdâhui ĂągĂ© de 3 ans et demi. Il y a presquâun an, alors quâils Ă©taient en couple mais dans "une relation compliquĂ©e", comme lâexpliqueront lâun et lâautre, il est 3 h du matin lorsquâil rentre au domicile, Ă Campagnac. La mĂšre dort avec leur enfant dans le lit conjugal et il ne trouve pas sa place. Il la pousse, sâendort. Elle le rĂ©veille, il la pousse Ă nouveau trĂšs fort au niveau des cĂŽtes et la prend par le cou. Il serre. Des bleus tĂ©moignent des coups. La jeune femme prend des photos. Il la quitte en se mettant avec sa meilleure amie Deux mois plus tard, elle se rend Ă la gendarmerie pour dĂ©poser plainte. Elle explique quâil Ă©tait alcoolisĂ©, comme trop souvent. Que ce nâĂ©tait pas la premiĂšre fois. Quâelle a dĂ©jĂ subi sa colĂšre en dĂ©but dâannĂ©e et des propos insultants depuis sa grossesse. Elle raconte les violences verbales, psychologiques, la peur des reprĂ©sailles. Mais aussi une soirĂ©e, au lendemain des faits, oĂč elle a montrĂ© ses marques Ă une invitĂ©e, ainsi que lâinterpellation de son ex en ces termes "Je vais te mettre une balle entre les deux yeux." Ă lâaudience du tribunal, comme aux gendarmes, le prĂ©venu, au casier vierge, rĂ©pĂšte la mĂȘme version "Elle raconte nâimporte quoi, elle a tout inventĂ©. Les bleus, elle ne me les a jamais montrĂ©s. Je me souviens de tout, je nâai rien fait." Les protagonistes de la soirĂ©e du lendemain sont tous entendus. Personne ne corrobore, sauf lâinvitĂ©e Ă qui elle aurait montrĂ© les traces de coups. "Câest normal, ce sont ses amis, pas les miens", dit-elle. Et câest en se mettant en couple avec sa "meilleure amie" Ă elle quâil la quitte. AprĂšs que la partie civile rĂ©clame, notamment, des prĂ©judices Ă hauteur de 800 âŹ, le ministĂšre public, reprĂ©sentĂ© par Mathilde Jayais, constate le contraste entre les paroles de la victime et celle des tĂ©moins. Elle requiert quatre mois de prison avec sursis et un stage de responsabilisation pour la prĂ©vention et la lutte contre les violences au sein du couple et les violences sexistes pour le prĂ©venu. Me Pouget, pour le jeune homme, demande ni plus ni moins la relaxe. "Il y en a au moins un qui a une position claire depuis le dĂ©but, câest mon client [âŠ] Dans le dossier, vous avez quelques Ă©lĂ©ments, mais rien pour vous faire une conviction. Les propos rapportĂ©s Ă la fĂȘte nâont pas Ă©tĂ© entendus par les tĂ©moins, mĂȘme par celle qui aurait vu les marques. Les photos ne sont pas datĂ©es. La victime les aurait envoyĂ©es Ă sa sĆur au Canada, mais celle-ci ne confirme pas du tout. Je ne dis pas quâelle ment, mais je nây Ă©tais pas. Lâexpert psychiatrique trouve mon client manipulateur, rustre⊠Mais est-ce une preuve ou un jugement de valeur ?" Le tribunal rendra sa dĂ©cision plus tard.
I. Auclair J. St-Georges S. Maltais S. BriĂšre A. Delorme Isabelle Auclair, Jade St-Georges, StĂ©phanie Maltais et Sophie BriĂšre âą UniversitĂ© Laval QuĂ©bec Anne Delorme âą Directrice du Fonds Agir ensemble pour lâinclusion AGIRI au sein de lâONG Equitas Canada Comment les organisations quĂ©bĂ©coises de coopĂ©ration internationale OCI prennent en charge les violences sexistes et sexuelles ? Sâappuyant notamment sur une enquĂȘte menĂ©e en 2018 auprĂšs dâune quarantaine de ces OCI, les cinq autrices estiment que le champ dâapplication et finalement la valeur incitative des dispositifs mis en place sont plus que variables. Le mouvement social MeToo/MoiAussi a favorisĂ© la prise de parole des personnes â majoritairement des femmes â ayant vĂ©cu des violences sexuelles dans diffĂ©rentes sphĂšres de leur vie. Cette vague de dĂ©nonciations, historique, a permis de constater quâen dĂ©pit des efforts des organisations et mobilisations fĂ©ministes et de celles de dĂ©fense des droits des femmes, ces formes de violences perdurent. Tous les contextes sociaux sont des espaces oĂč elles peuvent survenir. Le domaine de la coopĂ©ration internationale CI ne fait pas exception. Il est donc pertinent de sâattarder aux façons dont cet enjeu social transversal sâexprime dans ce contexte prĂ©cis et quelles sont les mesures qui peuvent ĂȘtre mises en place pour y rĂ©pondre. Dans le prĂ©sent article, cette rĂ©flexion sur les violences sexuelles dans le domaine de la CI sâappuie sur les rĂ©sultats de deux collectes de donnĂ©es. Dans un premier temps, un sondage a Ă©tĂ© menĂ© par le ComitĂ© quĂ©bĂ©cois femmes et dĂ©veloppement CQFD de lâAssociation quĂ©bĂ©coise des organismes de coopĂ©ration internationale AQOCI qui reprĂ©sente une soixantaine dâorganisations de coopĂ©ration internationale OCI sur le territoire quĂ©bĂ©cois1Nous aimerions remercier lâAQOCI pour le partage des donnĂ©es du sondage et Mounia Chadi, chargĂ©e de programme Ă Droits des femmes et Ă©galitĂ© des genres, pour ses commentaires.. Les rĂ©sultats ont permis de dresser un Ă©tat des lieux des politiques et procĂ©dures organisationnelles en matiĂšre de lutte contre les violences sexuelles parmi ses membres. Dans un deuxiĂšme temps, une analyse des donnĂ©es qualitatives issues de la recherche Du plafond Ă la frontiĂšre de verre comment institutionnaliser le genre dans les organisations de dĂ©veloppement international et dâaction humanitaire ? », dirigĂ©e par les professeures Isabelle Auclair et Sophie BriĂšre de lâUniversitĂ© Laval2FinancĂ© par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada., a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e. Celle-ci permet de mettre en lumiĂšre des pistes de rĂ©flexion sur des actions Ă mener, en cohĂ©rence avec le contexte spĂ©cifique, pour travailler sur cet enjeu. Contextualisation de la problĂ©matique Les violences sexuelles sâinscrivent dans un contexte plus large de violences multiples, exacerbĂ©es par les diffĂ©rents systĂšmes dâoppression dont le sexisme, le racisme et le colonialisme qui caractĂ©risent un contexte donnĂ©. Dans le contexte de la CI, des enquĂȘtes ont permis de poser certains constats sur les violences sexuelles vĂ©cues par des professionnelles du domaine. Selon les donnĂ©es fournies par le Humanitarian Womenâs Network3Humanitarian Womenâs Network, Full Survey Results, 2016 qui a interrogĂ© 1 005 femmes dans soixante-dix organisations, 69 % des rĂ©pondantes ont entendu des collĂšgues faire des commentaires sur leur apparence physique, dont 6 % sur une base quotidienne. Cinquante-cinq pour cent des rĂ©pondantes ont reçu des avances persistantes de collĂšgues masculins, 27 % ont Ă©tĂ© embrassĂ©es, 22 % ont Ă©tĂ© touchĂ©es sans leur consentement et enfin 4 % ont Ă©tĂ© violĂ©es. La majoritĂ© 68 % des rĂ©pondantes ayant vĂ©cu des violences ne lâont pas signalĂ© et parmi celles lâayant fait auprĂšs de leur organisation, 47 % disent quâaucune suite nâa Ă©tĂ© donnĂ©e et 22 % soutiennent avoir subi des consĂ©quences professionnelles nĂ©gatives. Ces donnĂ©es dĂ©montrent que le domaine de la CI, Ă lâimage du reste de la sociĂ©tĂ©, est traversĂ© par diffĂ©rents rapports de pouvoir qui mĂšnent Ă lâexacerbation des violences sexuelles. Elles confirment Ă©galement lâimportance de mener une rĂ©flexion sur les rĂ©ponses mises en avant face Ă cet enjeu. Alors que des donnĂ©es internationales sur le sujet Ă©mergent, celles portant sur les organisations quĂ©bĂ©coises et canadiennes sont moins nombreuses. En cohĂ©rence avec sa politique dâaide internationale fĂ©ministe, Affaires mondiales Canada AMC4MinistĂšre du gouvernement fĂ©dĂ©ral canadien chargĂ© des relations diplomatiques et consulaires, de stimuler le commerce international et dâorganiser lâaide internationale du Canada [NDLR]. oblige dĂ©sormais les organisations dâaide internationale canadiennes Ă se doter dâune politique contre le harcĂšlement et les violences sexuelles. Toutefois, la mise en Ćuvre de stratĂ©gies et dâactions concrĂštes afin de prĂ©venir, de sensibiliser et dâagir contre ces violences est supportĂ©e par peu de donnĂ©es empiriques quantitatives et qualitatives. Ces donnĂ©es sont pourtant essentielles afin de proposer des rĂ©ponses contextualisĂ©es. Câest donc ce quâil faut documenter et approfondir dans lâavenir et les prochaines sections de cet article en sont les premiĂšres contributions. MatĂ©riel issu de deux collectes de donnĂ©es La dĂ©finition des violences sexuelles retenue ici prend en compte un spectre dâactes allant du harcĂšlement aux agressions sexuelles, en mettant en exergue les dynamiques genrĂ©es, systĂ©miques et multiples de telles violences5Manon Bergeron et al., Violences sexuelles en milieu universitaire au QuĂ©bec Rapport de recherche de lâenquĂȘte ESSIMU », UniversitĂ© du QuĂ©bec Ă MontrĂ©al, 2016.. En ce sens, notre analyse sâinscrit dans un cadre thĂ©orique fĂ©ministe intersectionnel et sâappuie sur le concept de continuum des violences. Ce dernier permet de dĂ©passer la simple hiĂ©rarchisation des abus pour mettre en Ă©vidence les liens entre les diffĂ©rentes manifestations violentes et les systĂšmes dâoppression6Isabelle Auclair, Violences de genre et stratĂ©gies de rĂ©sistance », in Charmain Levy et Andrea Martinez dir., Genre, fĂ©minismes et dĂ©veloppement. Une trilogie en construction, Les Presses de lâUniversitĂ© dâOttawa, 2019, p. 231.. Pour nourrir cette analyse, nous prĂ©senterons deux ensembles de donnĂ©es. Le premier est issu du sondage proposant des rĂ©sultats quantitatifs sur les politiques et codes de conduite en matiĂšre de violences sexuelles. Le second sâintĂ©resse Ă la trajectoire de carriĂšre des femmes en CI et permet dâajouter une valeur qualitative Ă lâanalyse des violences sexuelles. RĂ©sultats du sondage auprĂšs des OCI quĂ©bĂ©coises En 2018, lâAQOCI a dĂ©veloppĂ© un outil de diagnostic organisationnel sur les violences sexuelles pour ses membres. Il sâest traduit par un sondage en ligne composĂ© de trente-neuf questions sur la prĂ©vention et la prise en charge des personnes ayant subi une forme de violence sexuelle. Quarante organisations y ont rĂ©pondu. Ă la lumiĂšre des rĂ©sultats obtenus, il apparaĂźt que mĂȘme avant lâaffaire Oxfam7Sean OâNeill, âMinister orders Oxfam to hand over files on Haiti prostitute scandalâ, The Times, 9 February 2018, », certaines OCI quĂ©bĂ©coises disposaient dĂ©jĂ de politiques et pratiques en matiĂšre de lutte contre les violences sexuelles. Dix-neuf dâentre elles avaient dĂ©jĂ dĂ©veloppĂ© un code de conduite qui posait clairement les rĂšgles et les principes de lâorganisation quant aux violences sexuelles pour le personnel et les volontaires. Cependant, lâĂ©tendue du champ dâapplication de ces politiques et pratiques variait dâun milieu Ă lâautre. Ainsi, dix-huit de ces codes de conduite encadraient les liens intimes, amoureux et sexuels entre une personne en position dâautoritĂ© et une autre sous cette autoritĂ©, et dix-huit Ă©galement le faisaient entre une reprĂ©sentante de lâorganisation et une bĂ©nĂ©ficiaire. Par ailleurs, dix OCI ayant rĂ©pondu au sondage ont mentionnĂ© mener une politique spĂ©cifique couvrant les violences sexuelles quand quinze autres affirmaient en avoir une en cours de rĂ©daction ou de mise Ă jour, ou disposer dâune procĂ©dure ne constituant pas une politique en tant que telle. La prĂ©cision des documents quant Ă la dĂ©finition des violences sexuelles varie. Quelques OCI y inscrivent une dĂ©finition des violences sexuelles n=10 et de lâexploitation sexuelle n=8. Quant aux formations, elles sont rarement faites de façon rĂ©guliĂšre ou systĂ©matique. Sur trente-quatre OCI ayant rĂ©pondu Ă cette question, seize ont affirmĂ© que leur organisation ne fournissait pas de telles formations. Bien que les violences soient intimement liĂ©es aux relations de pouvoir, la majoritĂ© des formations offertes Ă©taient destinĂ©es aux coopĂ©rantes n=10 et stagiaires n=13 plutĂŽt quâaux personnes en situation dâautoritĂ©. Par ailleurs, dix-sept organisations ont rĂ©pondu avoir une personne experte en la matiĂšre Ă lâinterne ou avoir nouĂ© un partenariat avec une ressource externe. Enfin, une seule organisation disait avoir allouĂ© un budget spĂ©cifique Ă ce sujet. Relativement au soutien aux victimes et aux survivantes8Utiliser les termes victimes et survivantes » permet de mettre en avant le pouvoir dâagir et la rĂ©silience des survivantes, mais sans nier le caractĂšre violent et marquant des violences sexuelles AQOCI, 2019 ; CALACS, 2017. Lâutilisation isolĂ©e dâun terme comme de lâautre faisant lâobjet de critiques, le Centre dâaide et de lutte contre les agressions Ă caractĂšre sexuel CALACS rappelle lâimportance de privilĂ©gier avant tout le mot que la personne concernĂ©e prĂ©fĂšre. et Ă la gestion des plaintes, onze organisations favorisaient lâaccĂšs aux soins mĂ©dicaux et seize permettaient celui Ă des soins psychosociaux responsables et sĂ»rs, tandis que seulement douze permettaient aux tĂ©moins dây avoir accĂšs. Les procĂ©dures de prise en charge des violences sexuelles respectaient dans 64 % des cas les obligations lĂ©gales canadiennes et quĂ©bĂ©coises ; 64 % Ă©taient centrĂ©es sur les besoins des survivantes ; 40 % permettaient dâaccompagner les survivantes dans le cas oĂč un changement de rĂ©gion ou de pays Ă©tait nĂ©cessaire pour obtenir des soins ; et 12 % leur permettaient de prendre un congĂ© payĂ© Ă la suite des faits. Quinze organisations expliquaient dans leur politique comment signaler ou dĂ©poser une plainte, mais seulement sept dĂ©tenaient une procĂ©dure dâenquĂȘte spĂ©cifique. Parmi celles-ci, cinq permettaient de rĂ©aliser une enquĂȘte objective, et deux avaient des mesures pour assurer la confidentialitĂ©. Aucune nâincluait une enquĂȘteurrice externe compĂ©tente, un examen de tous les documents pertinents ou encore lâobligation de consigner les informations. Ce sondage a permis de mettre en Ă©vidence le fait que peu de politiques abordaient la maniĂšre de faire un signalement ou de dĂ©poser une plainte, ou encore, le fait que plusieurs OCI nâoffraient pas de formation sur les violences sexuelles en 2018. Depuis, un travail a Ă©tĂ© menĂ© pour renforcer les capacitĂ©s des organisations membres Ă travers des outils et des formations. La trousse sur les violences sexuelles dĂ©veloppĂ©e par lâAQOCI comprend ainsi des fiches sur lâintroduction aux violences sexuelles dans le secteur de la CI, des outils et de meilleures pratiques de prĂ©vention et de signalement des violences sexuelles, de la formation et un dĂ©voilement de ce type de violences9AQOCI, Violences sexuelles dans le secteur de la coopĂ©ration internationale », Il sâagit dâoutils importants dans le travail en cours pour rĂ©duire les violences qui, comme indiquĂ© dans la prochaine section, perdurent. RĂ©sultats de la recherche sur la carriĂšre des femmes en coopĂ©ration internationale Cette recherche visait Ă documenter et Ă mieux comprendre, dans une perspective intersectionnelle, les enjeux et les dĂ©fis rencontrĂ©s Ă toutes Ă©tapes de carriĂšre en CI. Pour ce faire, des entretiens individuels et de groupes ont Ă©tĂ© effectuĂ©s avec 237 personnes gestionnaires, responsables des ressources humaines, praticiennes Ćuvrant dans diffĂ©rents pays. MĂȘme si lâobjectif de la recherche nâĂ©tait pas de documenter systĂ©matiquement les violences sexuelles, celles-ci se sont avĂ©rĂ©es ĂȘtre un Ă©lĂ©ment incontournable. Lâanalyse des rĂ©sultats nous permet dâextraire plusieurs Ă©lĂ©ments relatifs Ă ces violences, notamment la nĂ©cessitĂ© dâadopter une approche de tolĂ©rance zĂ©ro ; de dĂ©velopper une stratĂ©gie collective de lutte Ă ces violences ; et de mobiliser les ressources et lâexpertise nĂ©cessaires. Les tĂ©moignages dĂ©noncent la persistance de la culture de masculinitĂ© toxique. » Pour les personnes rencontrĂ©es, il est primordial dâadopter une approche et une culture de tolĂ©rance zĂ©ro Ă lâĂ©gard de la discrimination, des violences, du harcĂšlement et de lâabus de pouvoir dans les organisations. Les tĂ©moignages dĂ©noncent la persistance de la culture de masculinitĂ© toxique qui sâappuie encore sur lâimaginaire du Rambo de lâhumanitaire ». Cette culture est une caractĂ©ristique systĂ©mique dâun contexte plus large qui banalise les violences sexuelles et reproduit les systĂšmes dâoppression. Une professionnelle en humanitaire Ă un certain moment, jâai informĂ© le siĂšge. Ils ont dit âTu en es Ă ta premiĂšre mission comme chef de mission, tu apprends. Il faut savoir que câest normal dans les projets.â » Cette normalisation des actes de harcĂšlement et de violences sexuelles est renforcĂ©e par ce que des participantes nomment la culture du silence » qui rend difficiles les dĂ©nonciations. Bien que les politiques et les codes de conduite soient nĂ©cessaires et pertinents, ils doivent ĂȘtre dĂ©veloppĂ©s, diffusĂ©s et appliquĂ©s dans une approche qui vise des changements structurants. Les propos dâune spĂ©cialiste genre rĂ©sument bien cet enjeu Pour moi, le gros [manque] câest quâil nây a pas vraiment [de travail] sur la culture, câest-Ă -dire quâĂ chaque fois on renouvelle des mesures de [sauvegarde]. Tout dâun coup, on remet des mesures en place âVous allez voir, ça nâarrivera plus.â Mais de toute façon ça va arriver encore dans dix ans parce quâon ne travaille pas sur la culture. » Cette difficultĂ© Ă mettre en Ćuvre des changements transformateurs au sein de la culture du secteur est en partie due Ă lâabsence dâune stratĂ©gie de soutien aux carriĂšres qui inclurait diverses dimensions dont des conditions et milieux de travail exempts de violences. Ce qui nous amĂšne Ă soulever la nĂ©cessitĂ© de dĂ©velopper une stratĂ©gie collective face aux violences sexuelles. Tout en considĂ©rant des contextes multiples, cette stratĂ©gie qui aborde un enjeu commun devrait inclure les diffĂ©rentes acteurrices de lâĂ©cosystĂšme en coopĂ©ration internationale. Nous voulons parler des bailleurs de fonds, des associations reprĂ©sentant les OCI, des OCI elles-mĂȘmes, des spĂ©cialistes au sein du milieu acadĂ©mique, etc. Selon plusieurs participantes, il est important que ces parties prenantes travaillent conjointement Ă lâĂ©laboration et Ă la mise en Ćuvre des solutions concrĂštes et structurantes. Comme le mentionne un consultant en genre Si on met des mĂ©canismes en place qui font en sorte que câest facile et pas risquĂ© pour une femme de dĂ©noncer un comportement inappropriĂ©, Ă ce moment-lĂ , ça devient beaucoup plus [difficile] pour un homme dâavoir un comportement [rĂ©prĂ©hensible]. Il va se dire que ça ne vaut pas la peine de se risquer Ă faire des commentaires, Ă avoir des comportements inappropriĂ©s parce quâil sait quâil va se faire rabrouer. » Lâadoption dâune stratĂ©gie collective ne signifie pas lâadoption dâun modĂšle unique et uniforme. Il est nĂ©cessaire que les politiques, plans dâaction et mesures soient sensibles aux diffĂ©rents contextes. Ceux-ci varient notamment en fonction des rĂ©gions, de la taille des organisations, des types dâaides, des ressources disponibles et des inĂ©galitĂ©s qui mĂšnent Ă lâexacerbation des violences. Les rĂ©sultats de la recherche permettent dâaffirmer que cette stratĂ©gie collective et contextualisĂ©e devrait inclure un volet de prĂ©vention et un autre de gestion des cas. Certaines de ces dimensions doivent ĂȘtre gĂ©rĂ©es par les OCI, alors que dâautres pourraient ĂȘtre partagĂ©es. Selon une gestionnaire rencontrĂ©e, bien que la prĂ©vention revienne aux organisations et que cela corresponde Ă leurs valeurs, les questions de gestion des plaintes, du suivi de celles-ci et de lâaide apportĂ©es aux survivantes posent problĂšme si ces dimensions sont laissĂ©es Ă la discrĂ©tion de chaque organisation, puisque toutes les organisations nâont pas les mĂȘmes ressources. Pour que les stratĂ©gies collectives et contextualisĂ©es, les plans dâaction ainsi que les mesures concrĂštes en dĂ©coulant apportent les changements souhaitĂ©s, il est impĂ©ratif que les ressources techniques et financiĂšres soient mobilisĂ©es. Pour ce faire, les rĂ©sultats montrent que les diffĂ©rents acteurs bailleurs de fonds, associations et OCI ont des responsabilitĂ©s complĂ©mentaires. AMC a lancĂ© un message fort en exigeant des organisations quâelles se dotent dâune politique contre le harcĂšlement et les violences sexuelles. MalgrĂ© certaines initiatives10Par exemple le centre dâexpertise Digna, financĂ© par AMC et sous la direction de CoopĂ©ration Canada lâaccompagnement technique et le soutien financier du bailleur demeurent insuffisants pour rĂ©pondre Ă cette exigence. En raison de la complexitĂ© des enjeux, ces deux types de soutien ne peuvent Ă eux seuls offrir une rĂ©ponse complĂšte, mais ils peuvent contribuer Ă lutter de maniĂšre structurĂ©e contre les violences sexuelles. Par ailleurs, les associations font un important travail de consolidation et de reprĂ©sentation des besoins des OCI. Elles doivent cependant avoir les moyens pour poursuivre leurs engagements et contribuer au dĂ©veloppement de services collectifs pour soutenir les OCI et leurs travailleureuses. La responsabilisation de la gestion des violences sexuelles est souvent attribuĂ©e Ă la division des ressources humaines qui nâa pas toujours la formation nĂ©cessaire. » Dans la lutte contre les violences sexuelles, les OCI doivent sâassurer que cet enjeu est traitĂ© de façon transversale et que lâensemble du personnel de lâorganisation est sensibilisĂ©, formĂ© et responsabilisĂ©. La recherche a permis de constater que la responsabilisation de la gestion des violences sexuelles est souvent attribuĂ©e Ă la division des ressources humaines qui nâa pas toujours la formation nĂ©cessaire sur le sujet. Le dĂ©veloppement des connaissances et la reconnaissance de lâexpertise sur le sujet sont essentiels. En ce sens, les gestionnaires des organisations et les expertes en Ă©galitĂ© et en genre ont souvent un rĂŽle primordial dans les stratĂ©gies de lutte contre les violences avec lâappui de toutes les personnes impliquĂ©es dans lâorganisation. Pistes de recherche Dans le contexte canadien actuel, oĂč les politiques contre le harcĂšlement sexuel sont obligatoires, des efforts sont incontestablement faits dans les OCI pour aborder cet enjeu. Toutefois, plusieurs dĂ©fis persistent pour les OCI, notamment en termes de ressources techniques et financiĂšres pour rĂ©pondre Ă lâexigence de disposer dâune politique spĂ©cifique. La dĂ©marche devrait passer non seulement par des initiatives organisationnelles contextualisĂ©es, mais Ă©galement par des stratĂ©gies collectives dans lesquelles les diffĂ©rentes parties prenantes ont chacune leur rĂŽle Ă jouer. En outre, dâautres recherches sont nĂ©cessaires pour collecter des donnĂ©es contextualisĂ©es sur le sujet et proposer des mesures adaptĂ©es aux diffĂ©rentes situations. Ces donnĂ©es doivent prendre en compte lâintersection des diffĂ©rents systĂšmes dâoppression et leur impact sur lâexacerbation des violences sexuelles chez les groupes sociaux historiquement marginalisĂ©s, dont les femmes. Dans cette optique, les travaux sur le sujet doivent se poursuivre afin de documenter plus amplement Ă la fois les vĂ©cus des personnes ayant subi des violences ou en ayant eÌteÌ tĂ©moins ou confidentes, et les pratiques et mesures organisationnelles qui ont Ă©tĂ© ou devraient ĂȘtre mises en place. Biographies Isabelle Auclair âą Isabelle Auclair dĂ©tient un doctorat en anthropologie. Elle est Titulaire de la Chaire Claire-Bonenfant - Femmes, Savoirs et SociĂ©tĂ©s et professeure au dĂ©partement de management de lâUniversitĂ© Laval QuĂ©bec oĂč elle dĂ©livre des cours portant sur les approches et les mĂ©thodologies fĂ©ministes, les enjeux dâĂ©quitĂ©, diversitĂ© et inclusion en milieu de travail ainsi que sur lâintĂ©gration dâune analyse fĂ©ministe intersectionnelle dans la gestion des projets de coopĂ©ration internationale. En lien avec ses activitĂ©s dâenseignement, elle est impliquĂ©e dans diverses recherches sâintĂ©ressant entre autres Ă lâintersection des systĂšmes dâoppression et au continuum des violences dans diffĂ©rents domaines, notamment les migrations forcĂ©es. Jade St-Georges âą Jade St-Georges est doctorante en gestion du dĂ©veloppement international et de lâaction humanitaire au dĂ©partement de management de la FacultĂ© des sciences de lâadministration Ă lâUniversitĂ© Laval QuĂ©bec. Elle dĂ©tient une maĂźtrise en dĂ©veloppement international avec lâInstitut des hautes Ă©tudes internationales de lâUniversitĂ© Laval. Dans le cadre de sa maĂźtrise, elle a rĂ©alisĂ© un stage en tant que conseillĂšre genre en HaĂŻti pour le programme Uniterra puis a ensuite Ă©tĂ© agente dâĂ©quitĂ© femmes-hommes Ă lâOrganisation internationale de la Francophonie. Ă la suite de ces diffĂ©rentes expĂ©riences, Jade a entamĂ© sa thĂšse sur lâapplication dâune perspective fĂ©ministe intersectionnelle et dĂ©colonisante en gestion de projets de coopĂ©ration internationale. StĂ©phanie Maltais âą Titulaire dâun doctorat en dĂ©veloppement international de lâĂcole de dĂ©veloppement international et mondialisation de lâuniversitĂ© dâOttawa, sa thĂšse portait sur la gestion des crises sanitaires dans les Ătats fragiles avec une Ă©tude de cas sur lâĂ©pidĂ©mie dâEbola en GuinĂ©e. StĂ©phanie est chargĂ©e de cours Ă la FacultĂ© des sciences de lâadministration de lâUniversitĂ© Laval QuĂ©bec oĂč elle enseigne dans la maĂźtrise en gestion du dĂ©veloppement international et de lâaction humanitaire. Elle travaille Ă©galement comme professionnelle de recherche Ă lâUniversitĂ© Laval, Ă lâĂcole nationale dâadministration publique et Ă lâuniversitĂ© dâOttawa sur diffĂ©rents projets portant notamment sur la Covid-19, la carriĂšre des femmes en dĂ©veloppement international et action humanitaire, et les Ă©valuations neutres au sein de la fonction publique fĂ©dĂ©rale canadienne. Elle est coordonnatrice Ă©ditoriale de la Revue canadienne dâĂ©valuation de programme et membre du Conseil scientifique de la revue Alternatives Humanitaires. Sophie BriĂšre âą Sophie BriĂšre est professeure titulaire au dĂ©partement de management de la FacultĂ© des sciences de lâadministration de lâUniversitĂ© Laval QuĂ©bec. Elle dĂ©tient un doctorat PhD de lâĂcole nationale dâadministration publique ENAP du QuĂ©bec et un post doctorat de lâĂcole de dĂ©veloppement international et de mondialisation de lâuniversitĂ© dâOttawa. Elle est directrice de lâInstitut EDI2 Ă©quitĂ©, diversitĂ©, inclusion, intersectionnalitĂ© de lâUniversitĂ© Laval. Sophie BriĂšre est responsable de la maĂźtrise en dĂ©veloppement international et action humanitaire Ă la facultĂ© des sciences de lâadministration. Ses travaux dâenseignement et de recherche portent notamment sur lâĂ©quitĂ©, la diversitĂ© et lâinclusion dans les organisations de tous secteurs et sur la gestion de projets. Elle est coauteure, avec Yves Poulin, Yvan Conoir, StĂ©phanie Maltais et Isabelle Auclair de La gestion de projets de dĂ©veloppement international et dâaction humanitaire, Presses de lâUniversitĂ© Laval, DeuxiĂšme Ă©dition, 2021. Elle est membre du Conseil scientifique de la revue Alternatives Humanitaires. Anne Delorme âą Anne Delorme est Directrice du Fonds Agir ensemble pour lâinclusion AGIRI au sein de lâONG Equitas Canada. Elle est titulaire dâun MBA de la facultĂ© de gestion Desautels de lâUniversitĂ© McGill et a vingt ans dâexpĂ©rience dans la gestion de programmes de dĂ©veloppement complexes et dâĂ©quipes au sein dâONG internationales et dâagences de dĂ©veloppement nationales et multilatĂ©rales, notamment au sein du Programme des Nations unies pour le dĂ©veloppement. Elle est une leader dâopinion dans la promotion de lâĂ©galitĂ© des sexes et son approche est profondĂ©ment influencĂ©e par une longue histoire de travail avec des organisations, des rĂ©seaux et des mouvements sociaux internationaux fondĂ©s sur les droits. Elle a Ă©tĂ© coordonnatrice du ComitĂ© quĂ©bĂ©cois femmes et dĂ©veloppement CQFD de lâAssociation quĂ©bĂ©coise des organismes de coopĂ©ration internationale AQOCI. Elle a rĂ©ussi Ă influencer un rĂ©seau dâorganisations afin dâintĂ©grer de façon significative les approches intersectionnelles de lâĂ©galitĂ© entre les sexes et de lâinclusion dans leurs programmes et institutions. Pour lire lâarticle en PDF cliquez ici. ISBN de lâarticle HTML 978-2-37704-7787-1
Lâarticle 50 de la loi n° 2014-873 du 4 aoĂ»t 2014 pour lâĂ©galitĂ© entre les femmes et les hommes a instituĂ© un stage de responsabilisation pour la prĂ©vention et la lutte contre les violences au sein du couple et sexistes et lâarticle 21 de la loi n° 2016-444 du 13 avril 2016 visant Ă renforcer la lutte contre le systĂšme prostitutionnel et Ă accompagner les personnes prostituĂ©es un stage de sensibilisation Ă la lutte contre lâachat dâactes sexuels. Le dĂ©cretDĂ©cret n° 2016-1709 du 12 dĂ©cembre 2016 relatif au stage de responsabilisation pour la prĂ©vention et la lutte contre les violences au sein du couple ou sexistes et au stage de sensibilisation Ă la lutte contre l'achat d'actes sexuels, n° 290, 14 dĂ©c. 2016, n° 52. publiĂ© ce matin au Journal officiel prĂ©cise les deux points manquants. Pour le stage de responsabilisation, le nouvel article R. 131-51-1 du code pĂ©nal vient prĂ©ciser quâil doit permettre de rappeler au condamnĂ© le principe rĂ©publicain dâĂ©galitĂ© entre les hommes et les hommes, la gravitĂ© des violences, quelle que soit leur forme, au sein du couple ou Ă caractĂšre sexiste et, le cas Ă©chĂ©ant, le devoir de respect mutuel quâimplique la vie en couple » et vise Ă©galement Ă lui faire prendre conscience de sa responsabilitĂ© pĂ©nale et civile pour les faits commis ». Autant de belles choses » quâil est indispensable dâinculquer, dĂšs le plus jeune Ăąge, Ă lâĂ©cole, Ă la maison et en tous lieux, mais il est vraisemblablement illusoire voire stupide de penser quâun stage dâun mois Ă 450 euros est susceptible de modifier le comportement profond dâun adulte dont, justement, lâĂ©galitĂ© et le respect de lâautre sont, en lâespĂšce, le cadet de ses soucis. La formulation elle-mĂȘme de cet article est par ailleurs particuliĂšrement sexiste puisquâelle peut donner Ă penser que la violence nâexisterait que dans les couples hĂ©tĂ©rosexuels et que dans ces couples hĂ©tĂ©rosexuels, câest lâhomme qui est nĂ©cessairement violent. Câest sans doute vrai Ă 80 % voire davantage mais il nâempĂȘche que lorsquâon parle dâĂ©galitĂ© et de respect, il faut que ce soit Ă©crit de maniĂšre plus neutre pour ne pas ajouter de la discrimination Ă la violence subie. Quant au stage de sensibilisation, il sâagit, selon le nouvel article R. 131-51-3 du mĂȘme code, de rappeler au condamnĂ© les rĂ©alitĂ©s de la prostitution et les consĂ©quences de la marchandisation du corps », outre sa prise de conscience concernant sa responsabilitĂ© pĂ©nale et civile pour les faits commis ». Or, les rĂ©alitĂ©s de la prostitution et les consĂ©quences de la marchandisation de son corps, câest Ă la personne qui se prostitue quâil faut les expliquer et les faire admettre encore et encore, inlassablement. Dans un contexte hypocrite de prostitution tolĂ©rĂ©e » en France â oĂč la personne qui se prostitue serait systĂ©matiquement, malgrĂ© son choix et sa propre volontĂ©, une victime » du client nĂ©cessairement coupable » de vouloir sâoffrir ce quâil ne peut obtenir autrement du fait de sa timiditĂ©, de son physique ingrat ou pour toute autre raison â, vouloir imposer un stage de sensibilisation prend le problĂšme par le mauvais bout et il faudrait plutĂŽt et uniquement se concentrer sur lâinformation et le reclassement professionnel des personnes qui se prostituent et qui voudraient en sortir.
prix stage de responsabilisation pour la prévention et la lutte