Noncontent d’avoir pronostiquĂ© la victoire des Bleus avant tout le monde, EA Sports a fait le dĂ©tail en infographie des chiffres liĂ©s au mode Coupe du monde de FIFA 18. Des chiffres encore Retrouvezavec TĂ©lĂ©-Loisirs le programme TV Bouygues de la soirĂ©e de 22h Ă  0h du mercredi 31 aoĂ»t 2022 chaine par chaine. Une grille TV complĂšte pour concocter votre programme TV Lesstades du dĂ©veloppement chez Piaget : dĂ©finition. Pour Jean Piaget, la pensĂ©e se construit par de grandes Ă©tapes qu’il appelle des stades. Un stade doit avoir lieu avant qu’un autre puisse se mettre en place. Ainsi, un enfant ne peut pas apprendre les multiplications avant d’avoir appris les additions. Jeme dis que, pour faire un parallĂšle avec la disparition de L'Hebdo (sans avoir le moins du monde ne serait-ce que la prĂ©tention de valoir le quart du dixiĂšme de la moitiĂ© de ce journal), il aurait peut-ĂȘtre Ă©tĂ© plus facile de dire le 26 dĂ©cembre "Stop, halte, on arrĂȘte tout, il n'y aura plus d'article en 2017", un peu comme l'a fait l'Ă©diteur avec cet hebdomadaire: annonce d Alfredde Musset « mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces ĂȘtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompĂ© en amour, souvent blessĂ© et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arriĂšre et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompĂ© quelquefois, mais j'ai aimĂ©. II La naissance III. La rĂ©vĂ©lation – 1. La rĂ©vĂ©lation par les morts – 2. la rĂ©vĂ©lation par les esprits – 3. les rĂ©vĂ©lations complexes, confusion des morts, des totems, des esprits, des grands dieux, la mort et la renaissance du magicien, les pouvoirs de la nature ; l'arc-en-ciel et les cristaux – Le miracle, conclusion IV. L . Les origines des actions solidaires Les actions solidaires tiennent entre autres leurs origines des ordres caritatifs chrĂ©tiens du VĂšme siĂšcle, oĂč le christianisme devient alors religion d’Etat. Ces actions prĂ©textaient l’aide aux populations les plus dĂ©munies pour expliquer l’accroissement de leurs richesses. L’Eglise devint entreprise de charitĂ©. A cette Ă©poque, les hĂŽpitaux se trouvaient en effet Ă©troitement liĂ©s Ă  la religion puisqu’ils furent fondĂ©s par l’Église et gĂ©rĂ©s par des membres du clergĂ©. Ils appartenaient au patrimoine ecclĂ©siastique et furent donc placĂ©s sous l’autoritĂ© de l’évĂȘque. On voit se crĂ©er de nouveaux ordres spĂ©cialisĂ©s comme l’Ordre hospitalier de Saint-Jean, de JĂ©rusalem, de Rhodes et de Malte ainsi que des confrĂ©ries laĂŻques apparaissant dans les grandes citĂ©s marchandes pour apporter une aide aux membres des corporations. Dans la mĂȘme lignĂ©e et avec le dĂ©veloppement des villes, des hospices sont fondĂ©s par de riches laĂŻcs qui, en plus d’aider, font don de leurs biens. La plus connue est sans doute l’institution des Hospices de Beaune, fondĂ©e par le Chancelier Rollin, dont le produit annuel des ventes aux enchĂšres de sa production vinicole est encore aujourd’hui reversĂ© Ă  des Ɠuvres de charitĂ©. Premiers terrains et premiĂšres ONG DĂšs 1812, on peut commencer Ă  parler d’actions humanitaires d’urgence. Les Etats-Unis, cette annĂ©e-lĂ , envoyĂšrent des secours au Venezuela quasiment dĂ©truit par un tremblement de terre ainsi qu’en Irlande, pays frappĂ© par la famine. Ces terrains touchĂ©s par des catastrophes naturelles laissent place Ă  un terrain de lutte militaire avec les abominations de la guerre d’indĂ©pendance grecque 1821-1830. Un mouvement de solidaritĂ©, le philhellĂ©nisme, naĂźt dans les salons romantiques et envoie des fonds et des vĂȘtements aux insurgĂ©s grecs qui luttent contre l’occupant ottoman. Mais c’est entre 1854 et 1855 que la premiĂšre ONG voit le jour. Florence Nightingale, riche britannique et infirmiĂšre d’une certaine renommĂ©e, met sur pied des Ă©quipes mĂ©dicales qui interviendront lors de la guerre de CrimĂ©e 1853-1856 puis aux Etats-Unis lors de la guerre de SĂ©cession 1861-1865 ainsi qu’en France, lors de la guerre de 1870. Quelques annĂ©es plus tard, Henri Dunant, humaniste et homme d’affaires suisse affligĂ© par les horreurs apportĂ©s par la bataille de Solferino du 24 juin 1859, crĂ©e une organisation caritative privĂ©e symbolisĂ©e par une croix rouge qui prendra plus tard l’appellation que nous lui connaissons actuellement. Les ONG au XXĂšme siĂšcle La Seconde Guerre Mondiale va accentuer la crĂ©ation de nouveaux organismes caritatifs par exemple Oxfam UK en 1942 et Care USA en 1945. Lors de la guerre du Biafra 1967-1970, une lettre ouverte dĂ©nonçant le gĂ©nocide », ses camps de la mort » et accusant les dĂ©lĂ©gations françaises et internationales de ne pas avoir agi, alerte l’opinion publique et remet en question le concept de neutralitĂ© des ONG. Des membres de la Croix-Rouge dĂ©cident de crĂ©er une organisation mĂ©dicale d’urgence plus libre de sa parole et de ses actes, le Groupe d’Intervention mĂ©dico-chirurgical d’urgence GIMCU. C’est le dĂ©but des french doctors. A l’occasion de la crise qui secoue le Bangladesh 1970, un appel auprĂšs des mĂ©decins français est lancĂ©, donnant ainsi naissance au Secours MĂ©dical Français qui sera rejoint par les membres du GIMCU. C’est la rĂ©union de ces deux groupes de jeunes praticiens qui a donnĂ© naissance Ă  MSF. Les annĂ©es 80 voient l’émergence d’une nouvelle vague d’ONG avec Action contre la Faim et Aide MĂ©dicale Internationale en 1979, Handicap International en 1982. L’imaginaire social du mĂ©decin intervenant sur les terrains de grandes catastrophes vient peu Ă  peu s’enrichir de figures plus modestes. De plus en plus, les mĂ©decins et infirmiers se voient rejoints par des bĂ©nĂ©voles sans connaissances prĂ©alables mais Ă  la volontĂ© sans faille. Ces jeunes bĂ©nĂ©voles Ă  l’engagement fort se voient donner le titre de logisticien » ou plus simplement, d’ homme Ă  tout faire ». Naissance et vie du terme ONG » Le terme ONG » apparaĂźt officiellement pour la premiĂšre fois dans l’article 71 du chapitre 10 de la Charte des Nations Unies de 1945, dans une sĂ©rie de dispositions consacrĂ©es au Conseil Economique et Social ECOSOC et faisait allusion au rĂŽle consultatif que pouvaient avoir des organisations ne faisant pas partie d’un gouvernement. Un demi-siĂšcle plus tard, dans une rĂ©solution du 25 juillet 1996, une dĂ©finition en est donnĂ©e par l’ECOSOC. Selon ce dernier, une ONG est une organisation qui n’a pas Ă©tĂ© constituĂ©e par une entitĂ© publique ou par voie d’un accord intergouvernemental, mĂȘme si elle accepte des membres dĂ©signĂ©s par les autoritĂ©s publiques Ă  condition que ceux-ci ne nuisent pas Ă  la libertĂ© d’expression. Ses moyens financiers doivent provenir essentiellement des cotisations de ses affiliĂ©s. Toute contribution financiĂšre reçue directement d’un gouvernement doit ĂȘtre dĂ©clarĂ©e Ă  l’Organisation des Nations Unies. ». En ce dĂ©but du XXIĂšme siĂšcle, les Organisations Non Gouvernementales ONG sont habituellement dĂ©finies comme des organisations d’intĂ©rĂȘts publics qui ne relĂšvent ni de l’État, ni d’une institution internationale. Ce terme est employĂ© pour des institutions Ă  but non lucratif financĂ©es par des fonds privĂ©s. Leur relation Ă  l’Etat et aux pouvoirs Ă©tant assez ambiguĂ«, il apparait plus logique de faire rĂ©fĂ©rence aux ONG avec un terme qui ne met pas directement en jeu ce statut peu ordinaire. On utilise dĂ©sormais aussi bien l’expression OSI qu’ASI pour Organisation ou Association de la SolidaritĂ© Internationale, deux appellations qui semblent mieux convenir au statut des ONG car elles englobent tous les types d’associations qui agissent dans le domaine de la solidaritĂ© internationale. Les ONG sont-elles toutes identiques ? Le terme ONG englobe des entitĂ©s diffĂ©rentes en action et en taille. Il n’existe aucune base juridique permettant de classer une association sous le nom d’ONG, il faut donc dans un premier temps pouvoir diffĂ©rencier les ONG des autres acteurs non Ă©tatiques internationaux comme les Ă©glises, les fĂ©dĂ©rations sportives ou les fĂ©dĂ©rations syndicales internationales. Si l’on prend la taille en considĂ©ration, on peut distinguer deux familles d’ONG, les trĂšs grandes comme Amnesty, MĂ©decins du Monde ou Oxfam, possĂ©dant de fortes ressources humaines et budgĂ©taires et les microstructures, souvent locales, ayant peu de moyens et un rayon d’action gĂ©ographique plus restreint. Ces deux familles interagissent ensemble dans de nombreux projets afin de mutualiser les moyens financiers, humains et les connaissances du secteur local. Les ONG peuvent Ă©galement se distinguer par leurs actions, qui dĂ©coulent le plus souvent de leurs valeurs et principes fondateurs. Dans le paysage de l’humanitaire, on peut rencontrer des ONG apolitiques et areligieuses qui garantissent une neutralitĂ© de leurs actions La Croix Rouge Internationale, mais Ă©galement des ONG basĂ©es sur des valeurs spirituelles Secours Islamique, Secours catholique. Avant la complexification des crises et des conflits, on pouvait distinguer Ă©galement quatre grandes familles d’ONG classĂ©es par rapport Ă  leurs spĂ©cialisations les humanitaires d’urgence MĂ©decins sans FrontiĂšres ou MĂ©decins du Monde, les environnementalistes Sortir du NuclĂ©aire, les dĂ©fenseurs des droits de l’Homme Amnesty International, ATD Quart Monde et les dĂ©veloppementalistes » CCFD-Terre solidaire, Action contre la Faim. DĂ©sormais, une grande partie des ONG humanitaires ne se contentent plus d’effectuer des missions ponctuelles durant la phase critique et la pĂ©riode post-crise mais agissent Ă©galement sur un long laps de temps comme les dĂ©veloppementalistes » avec qui elles partagent des activitĂ©s semblables. Les ONG des Droits de l’Homme et les environnementalistes partagent Ă©galement des combats avec les humanitaires et les dĂ©veloppementalistes ». Essor des ONG du Sud et de l’Est L’aide d’Etat Ă  Etat, prolifique Ă  la moitiĂ© du XXĂšme siĂšcle, tend Ă  laisser la place Ă  une relation construite entre les Etats/bailleurs internationaux et des structures locales. L’essor de la notion de bonne gouvernance et des sociĂ©tĂ©s civiles dans les pays du Sud et de l’Est a vu l’émergence de ces organismes locaux que l’on nomme le plus souvent ONG du Sud ou de l’Est. Ces structures n’ont pour la plupart aucune activitĂ© transnationale et travaillent essentiellement au niveau local. Les grands bailleurs internationaux comme ECHO Bureau d’Aide humanitaire de la Commission europĂ©enne, les Nations Unies ou la Banque mondiale donnent souvent la responsabilitĂ© de la rĂ©alisation de leurs projets aux ONG du Nord en association avec ces ONG du Sud ou de l’Est. Les Etats tolĂšrent l’existence de ces ONG locales sous la condition qu’elles n’aient pas un trop grand pouvoir contestataire car elles pallient localement Ă  l’absence de structures Ă©tatiques dans la mise en place d’action d’entraide et de solidaritĂ© comme dans les secteurs de l’éducation, de la santĂ© ou du dĂ©minage. Des ONG venant des pays Ă©mergents comme la Chine, l’Inde et le BrĂ©sil apparaissent sur la scĂšne humanitaire et contrairement aux ONG locales des pays fragiles, elles s’internationalisent. Des ONG brĂ©siliennes se retrouvent ainsi en Angola et des ONG indiennes dans la Corne de l’Afrique. Les ONG du Nord ont des difficultĂ©s Ă  accĂ©der Ă  certains terrains, comme par exemple en Inde qui leur refuse l’accĂšs considĂ©rant que les ONG locales peuvent effectuer le mĂȘme travail. L’ange leur dit Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, une grande joie qui sera celle de tout le peuple. Car il vous est nĂ© aujourd’hui dans la ville de David un Sauveur, qui est le Christ Seigneur. Vous trouverez un bĂ©bĂ© enveloppĂ© de langes et couchĂ© dans une crĂšche. » Ils s’y rendirent en hĂąte et trouvĂšrent Marie et Joseph, et l’enfant couchĂ© dans une mangeoire Luc 2, 10-11, 16. Le rĂ©cit de la naissance de JĂ©sus est connu sous le nom de NativitĂ©, oĂč des anges accueillent les bergers qui surveillent leurs troupeaux et les conduisent auprĂšs de l’enfant Roi JĂ©sus, reposant dans une mangeoire. La jeune Marie encore vierge et Joseph, son fiancĂ©, s’émerveillent du rapport des bergers. » Marie gardait prĂ©cieusement toutes ces choses, les mĂ©ditant dans son cƓur » Luc 2, 19. L’épisode n’est relatĂ© qu’en quelques lignes, pourtant le rĂ©cit complet s’étend sur des siĂšcles et comporte tous les Ă©lĂ©ments que l’on peut attendre d’une histoire captivante. PremiĂšre partie Prologue Dieu a dit Ă  MoĂŻse Je leur susciterai un prophĂšte comme toi parmi leurs compatriotes israĂ©lites » DeutĂ©ronome 1818. Une autre prophĂ©tie dresse un tableau similaire pour David Je susciterai ta descendance pour te succĂ©der, ta propre chair et ton propre sang, et j’établirai son royaume. J’affermirai le trĂŽne de son royaume pour toujours » 2 Samuel 7, 12-13. Le il » ici est JĂ©sus, qui a Ă©tĂ© dĂ©crit des siĂšcles avant le rĂ©cit de sa naissance. De telles promesses auraient poussĂ© l’auditoire d’origine Ă  se demander qu’est-ce que le Seigneur veut dire par lĂ  ? » Dieu a prĂ©figurĂ© la venue d’un Sauveur pour dĂ©livrer IsraĂ«l de ses ennemis. La prophĂ©tie biblique concernant la naissance de JĂ©sus devient plus spĂ©cifique dans EsaĂŻe Voici que la vierge concevra et enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel » EsaĂŻe 714. IsaĂŻe 96 dit car il nous est nĂ© un enfant, il nous a Ă©tĂ© donnĂ© un Fils. » IsraĂ«l Ă©tait encore Ă  environ 700 ans de la naissance du Christ. Ce prologue apporte une lueur d’espoir et d’excitation. DeuxiĂšme partie Introduction Sautons dans la Palestine sous domination romaine. Un ange vient voir Marie et lui annonce qu’elle a Ă©tĂ© choisie par le Seigneur pour porter et donner naissance Ă  son saint Fils. Et voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de JĂ©sus. Il sera grand et on l’appellera le Fils du TrĂšs-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trĂŽne de David, son pĂšre, et il rĂ©gnera sur la maison de Jacob pour toujours, et son rĂšgne n’aura pas de fin » Luc 1, 32-33. L’ange a expliquĂ© comment la conception de JĂ©sus allait se dĂ©rouler L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du TrĂšs-Haut te couvrira de son ombre. » Luc 135 Marie accepta d’ĂȘtre la mĂšre de JĂ©sus, et la naissance du Sauveur du monde n’était plus qu’à neuf mois de distance. TroisiĂšme partie L’action montante Quelques versets sĂ©parent la conception et la naissance pendant lesquels Marie reste chez Elisabeth. Dans le cadre de l’intrigue, Élisabeth la cousine de Marie tombe Ă©galement enceinte malgrĂ© le fait qu' » Élisabeth Ă©tait stĂ©rile, et toutes deux Ă©taient avancĂ©es en Ăąge. Un ange avait rendu visite Ă  Zacharie, lui disant » ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Et il tournera beaucoup d’enfants d’IsraĂ«l vers le Seigneur leur Dieu » Luc 113,16. IsaĂŻe 403 a prophĂ©tisĂ© sur Jean, celui qui criera dans le dĂ©sert, prĂ©parez un chemin pour le Seigneur. » S’il s’agissait d’une fiction, on pourrait dire que Dieu prĂ©pare ses lecteurs Ă  une suite en prĂ©figurant le ministĂšre de JĂ©sus. En attendant, Élisabeth devient l’une des rares personnes, avec Marie et Joseph, Ă  rĂ©aliser que le Seigneur est sur le point de mener Ă  bien son plan salvateur Élisabeth accouche, » ses voisins et ses proches apprennent que le Seigneur a fait preuve d’une grande misĂ©ricorde Ă  son Ă©gard, et ils se rĂ©jouissent avec elle » Luc 1, 58. La joie et l’espĂ©rance se construisent avec l’action qui se lĂšve. Lors de sa circoncision, lorsque Jean est nommĂ©, la bouche de Zacharie s’ouvre. » La crainte s’empara de tous leurs voisins. On parlait de toutes ces choses dans toute la montagne de JudĂ©e, et tous ceux qui les entendaient les fixaient dans leur cƓur, disant Que sera donc cet enfant ?’ Car la main du Seigneur Ă©tait avec lui » Luc 1, 65-66. L’excitation du lecteur grandit, et l’histoire avance. La caractĂ©risation de Dieu Les lecteurs sont persuadĂ©s de poursuivre la lecture jusqu’au point culminant par leurs relations avec les personnages. Dieu est le hĂ©ros de sa propre histoire, attirant le lecteur par sa puissance, la façon dont il tient ses promesses et son amour. Le lecteur le voit Ă  travers les yeux de Marie, d’Élisabeth et mĂȘme des anges, ce qui l’amĂšne Ă  commencer Ă  espĂ©rer et Ă  anticiper les mĂȘmes choses pour lesquelles IsraĂ«l a toujours priĂ© Un Sauveur de leurs ennemis. Le temps avait Ă©moussĂ© le bord de l’espoir, mais le caractĂšre de Dieu ayant Ă©tĂ© Ă©tabli, l’espoir peut se construire Ă  nouveau. Le bĂ©bĂ© de Marie pourrait-il ĂȘtre le bon ? Le lecteur en vient Ă  croire que, oui, Marie est sur le point de donner naissance Ă  Emmanuel. Zacharie a oubliĂ© le caractĂšre de Dieu malgrĂ© sa vocation de prĂȘtre. Dans certaines traductions, Zacharie demande Ă  l’ange » Comment le saurai-je ? , mais dans d’autres, il demande Ă  l’ange » Comment puis-je en ĂȘtre sĂ»r ? » ou encore » Comment peux-tu prouver cela ? » Luc 1, 18. C’est pourquoi il est frappĂ© de mutisme et de surditĂ©, une consĂ©quence qui fait taire le doute et contraste avec la foi de Marie et d’Elisabeth. Le Sauveur arrive, et le lecteur est impatient de le rencontrer. QuatriĂšme partie Climax Marie et Joseph se lancent dans la longue marche vers BethlĂ©em depuis Nazareth pour ĂȘtre recensĂ©s dans le cadre du recensement romain. La ville Ă©tait pleine de monde, ce qui signifiait qu’il n’y avait pas de place Ă  la kataluma » ou auberge », que la concordance de Strong dĂ©crit comme un lieu d’hĂ©bergement, peut-ĂȘtre une chambre d’amis dans une maison privĂ©e. En d’autres termes, Marie a probablement accouchĂ© dans une maison, et la crĂšche n’était pas dans une Ă©table Ă  l’extĂ©rieur. Il est trĂšs plausible qu’une crĂšche ait Ă©tĂ© gardĂ©e dans la maison plutĂŽt que dans une Ă©table », car les animaux Ă©taient amenĂ©s Ă  l’intĂ©rieur pour les protĂ©ger. Alors, les bergers sont arrivĂ©s, ont racontĂ© Ă  Marie et Joseph ce que les anges leur avaient dit, et Marie gardait prĂ©cieusement toutes ces choses, les mĂ©ditant dans son cƓur. » Les bergers retournĂšrent Ă  leurs troupeaux glorifiant et louant Dieu » Luc 218,19. Le Sauveur tant attendu Ă©tait enfin nĂ©. Symbolisme de l’histoire de la naissance JĂ©sus n’était mĂȘme pas circoncis lorsque les bergers sont arrivĂ©s Ă  l' »auberge », Ă  moins que Luc n’ait enregistrĂ© les dĂ©tails dans le dĂ©sordre. Cela semble peu probable Ă©tant donnĂ© l’intention de Luc de fournir un rĂ©cit ordonnĂ© » des Ă©vĂ©nements Luc 13. Est-il significatif que Marie soit considĂ©rĂ©e comme impure selon la loi ? Le LĂ©vitique 44 dit » Elle ne touchera rien de saint et n’entrera pas dans le sanctuaire jusqu’à ce que les jours de sa purification soient accomplis. Les bergers n’étaient pas saints, Marie n’entrait pas dans un lieu sacrĂ©, et il n’est pas fait mention d’étreindre ou de serrer la main de ces hommes. Pour autant, les bergers sont des figures symboliques. Le symbolisme permet Ă  un Ă©crivain d’établir un sens profond avec peu de mots. Voici trois façons dont les bergers lient le Christ au reste de la Bible dĂšs sa naissance 1. JĂ©sus est dĂ©signĂ© Ă  la fois comme un berger et un agneau Marc 14, 27 ; Jean 1, 36. Nous voyons Dieu Ă©galement dĂ©crit comme un berger Psaume 289. Il y a beaucoup d’images de berger-mouton dans les Psaumes Psaume 801, 957, 7913. 2. Les premiĂšres personnes Ă  entendre que leur Roi Ă©tait nĂ© Ă©taient certains des individus les plus humbles de la sociĂ©tĂ© juive. JĂ©sus est venu chercher et sauver les pĂ©cheurs et passerait une grande partie de son temps avec les parias et les marginaux. 3. Leur rĂŽle de bergers rendait ces hommes culturellement impurs, alors que leur mĂ©tier pouvait ĂȘtre parfois sale. » Les bergers Ă©taient dans les champs parmi des moutons malodorants et pas trĂšs brillants. Dieu remettait dĂ©jĂ  en question le lĂ©galisme et l’hypocrisie en invitant des personnes impures sur une scĂšne impure, du cĂŽtĂ© de la crĂšche de son Fils pur et parfait. JĂ©sus, qui est venu sauver les souillĂ©s et les brisĂ©s, rendrait tout le monde propre. » Le sang de JĂ©sus nous purifie de tout pĂ©chĂ© » 1 Jean 1, 7. Les symboles unifient le rĂ©cit de la NativitĂ© avec toute l’histoire de JĂ©sus, la Bible dans son ensemble. Ils prĂ©figurent des Ă©vĂ©nements futurs, rappellent au lecteur les promesses de l’Ancien Testament et nous aident Ă  mieux comprendre le Messie. Partie cinq DĂ©nouement On ne dit pas grand-chose d’autre sur la vie de JĂ©sus avant le dĂ©but de son ministĂšre. La famille a reçu la visite de mages ; ils ont fui la rage meurtriĂšre du roi HĂ©rode. L’action ne tardera pas Ă  reprendre lorsque JĂ©sus commencera Ă  prĂȘcher le Royaume Ă  venir, menant au point culminant de l’histoire entiĂšre et vraie de Dieu avec la crucifixion de JĂ©sus et sa dĂ©faite hĂ©roĂŻque du pĂ©chĂ©, de Satan et de la mort. Je veux dire les formes changĂ©es en nouveaux corps. Dieux, vous qui faites les changements, Inspirez mon projet et du dĂ©but du monde Jusqu’à mon temps faites courir un poĂšme sans fin. Ovide. La ThĂ©ogonie d’HĂ©siode, datĂ©e du VIIIĂš siĂšcle av. JC, est le document de rĂ©fĂ©rence de la mythologie grecque. Elle se compose de deux parties la premiĂšre, brĂšve, est une cosmogonie qui dĂ©crit la crĂ©ation du monde par le jeu d’entitĂ©s cosmiques surgies d’on ne sait oĂč ; la seconde, thĂ©ogonique, raconte plus longuement la naissance des dieux olympiens et la conquĂȘte de l’Univers par Zeus. Ces fragments seraient, selon ClĂ©mence Ramnoux, d’une origine indo-europĂ©enne trĂšs reculĂ©e.[1] D’autres en attribuent l’origine au mythe mĂ©sopotamien de l’Enuma Elish, mais HomĂšre en fut certainement un inspirateur important et les dieux olympiens dont HĂ©siode raconte la naissance sont omniprĂ©sents dans l’Iliade. Les deux hommes se connaissaient. HĂ©siode Ă©tait plus jeune, et ils auraient tous deux participĂ© Ă  un concours de rĂ©citation qu’HĂ©siode aurait remportĂ©, au grand dĂ©plaisir d’HomĂšre. Faisant paĂźtre ses moutons au pied du mont HĂ©licon, la demeure des Muses, HĂ©siode leur adresse un hymne. Les neuf Muses sont le fruit de neuf nuits d’amour que leur mĂšre MnĂ©mosyne, la dĂ©esse de la MĂ©moire qui connaĂźt et chante le passĂ© comme s’il Ă©tait toujours lĂ  »[2], a passĂ©es avec Zeus. A elle, neuf nuits durant, s’unit le prudent Zeus, loin des Immortels, dans sa couche sainte. Et quand vint la fin d’une annĂ©e et le retour des saisons, elle enfanta neuf filles, aux cƓurs pareils, qui n’ont en leur poitrine souci que de chant »[3]. C’est Ă  elles que s’adresse HĂ©siode car elles seules connaissent les secrets du passĂ© et de l’avenir. Salut, enfants de Zeus, s’exclame-t-il, donnez-moi un chant ravissant 
 dites-nous comment, avec les dieux, naquirent d’abord la terre, les fleuves, la mer immense aux furieux gonflements, les Ă©toiles brillantes, le large ciel lĂ -haut ; puis ceux qui d’eux naquirent, les dieux auteurs de tous bienfaits, et comment ils partagĂšrent leurs richesses, comment entre eux ils rĂ©partirent les honneurs, et comment ils occupĂšrent d’abord l’Olympe aux mille replis. Contez-moi ces choses, ĂŽ Muses, habitantes de l’Olympe, en commençant par le dĂ©but, et de tout cela, dites-moi ce qui fut en premier. »[4] La ThĂ©ogonie d’HĂ©siode commence par le mythe cosmogonique de l’apparition de mystĂ©rieuses instances primordiales qui engendrent Ă  partir d’elles-mĂȘmes, par scissiparitĂ©, les Ă©lĂ©ments de l’Univers puis, en union avec eux, les gĂ©nĂ©rations successives des dieux qui personnifieront tous les Ă©lĂ©ments d’un Cosmos ÎšÎŒÎż organisĂ© [5]. Le Cosmos constituera ainsi une sorte de grande famille, dont les rapports ne seront pas nĂ©cessairement trĂšs fraternels et oĂč les humains seront des sous-produits alĂ©atoires. Cette substance-mĂšre de nature indĂ©terminĂ©e connaĂźtra un avenir fĂ©cond dans la pensĂ©e des philosophes prĂ©socratiques qui la dĂ©composeront successivement en diffĂ©rents Ă©lĂ©ments jusqu’à l’atome, ce qui a fait attribuer Ă  HĂ©siode le qualificatif de premier des prĂ©socratiques[6], et contredit la thĂ©orie longuement soutenue du miracle grec » par lequel on entendait l’apparition miraculeuse de la raison, le λγο, sans transition avec la mythologie, le ÎŒÏÎžÎż.[7] Ainsi le merveilleux pensait-il dĂ©jĂ , dans un autre langage, comme la science naissante. Avant HĂ©siode, HomĂšre avait attribuĂ© la naissance du monde et des dieux, dĂ©jĂ  par le moyen de la gĂ©nĂ©ration, au couple OkĂ©anos ÎșΔαηο et ThĂ©tys ΘέÎč[8]. OkĂ©anos est l’OcĂ©an primordial qui dans l’Iliade entoure le monde de ses eaux, et ThĂ©tys est son Ă©pouse. DĂšs avant ThalĂšs,[9] HomĂšre avait placĂ© l’élĂ©ment liquide Ă  l’origine des dieux et du monde[10] au chant XIV HĂ©ra, l’épouse de Zeus, dĂ©clare Je m’en vais aux confins de la terre fĂ©conde visiter OcĂ©an, le pĂšre des dieux, et ThĂ©tys, leur mĂšre » [11], faisant ainsi de toutes choses une progĂ©niture de l’écoulement et du mouvement » Ă©crira Platon[12]. OkĂ©anos demeurera pour HĂ©siode ce courant d’eau circulaire qui entoure le monde, et qui, pour citer Vernant, le ceinture d’un flot incessant Ă  la façon d’un fleuve dont les ondes, aprĂšs un long parcours, feraient retour aux sources dont elles sont issues pour les alimenter sans fin ». Il formera les limites de la terre, conçues comme des liens qui tiennent enserrĂ© l’univers ». PĂ©nĂ©trant le monde souterrain, il alimentera les sources, les fontaines, les puits, les fleuves qui apportent la vie Ă  la surface du sol ».[13] Unie d’amour Ă  OcĂ©an ThĂ©tys enfanta les OcĂ©anines, leurs filles. GĂ©nĂ©reuse, elle lui en fit trois mille. L’aĂźnĂ©e, la terrible Styx ύΟ, sera un des fleuves de l’Enfer dont Zeus voulut qu’il fĂ»t le grand serment des dieux », le serment de fidĂ©litĂ© des dieux Ă  Zeus. LĂ , rĂ©side une dĂ©esse odieuse aux Immortels, la terrible Styx, fille aĂźnĂ©e d’OkĂ©anos, le fleuve qui va coulant vers sa source. 
 Quiconque parmi les Immortels, maĂźtres des cimes de l’Olympe neigeux, rĂ©pand cette eau pour appuyer un parjure reste gisant sans souffle une annĂ©e entiĂšre. Jamais plus il n’approche de ses lĂšvres, pour s’en nourrir, l’ambroisie et le nectar». [14] Mais si les personnages divins de la famille olympienne habitent dĂ©jĂ  le ciel d’HomĂšre, c’est de façon Ă©parse, sans lien, apparaissant au grĂ© des Ă©vĂšnements de l’épopĂ©e. HĂ©siode en a fait un systĂšme cohĂ©rent, cet arrangement des choses qui s’appelle un cosmos »[15]. Et les Muses entament leur rĂ©cit. Donc avant tout fut Chaos ; puis GaĂŻa aux larges flancs, assise sĂ»re Ă  jamais offerte Ă  tous les vivants, et Eros, le plus beau parmi les dieux immortels »[16]. Cette triade originelle, Chaos, GaĂŻa et Eros, constituera les dramatis personae de la CrĂ©ation, les Puissances dont le monde sera issu. Mais qu’étaient ces trois Puissances ? GaĂŻa Γαῖα est l’instance la plus Ă©vidente du processus cosmogonique. C’est une entitĂ© cosmique qui Ă©voque l’antique image de la Terre-MĂšre aux larges flancs, universelle, figure divine vĂ©nĂ©rĂ©e depuis le dĂ©but des temps comme Ă©tant Ă  l’origine de tout ce qui est vivant dans le monde, hommes, bĂȘtes et plantes nourriciĂšres. Elle appartient Ă  ces premiĂšres divinitĂ©s de l’histoire, fĂ©minines et matriarcales, qui par la suite devront cĂ©der le rĂšgne divin aux hommes. Solide, assise sĂ»re Ă  jamais offerte aux Immortels, et Ă  tous les vivants »[17], elle s’étend, immense, des sommets de l’Olympe jusqu’au fond du Tartare. Elle est la mĂšre, l’ancĂȘtre qui a enfantĂ© tout ce qui existe, sous toutes les formes et en tous lieux »[18]. Figure familiĂšre. On peut par contre s’interroger sur le rĂŽle qu’Eros áŒŹÏ, le plus beau des immortels, ce dieu de l’amour que nous connaissons tous, qui rompt les membres[19] par l’émotion qu’il provoque, on peut s’interroger sur le rĂŽle qu’il pouvait bien avoir dans cette aube de l’Etre oĂč les sexes n’existaient pas encore. Le rĂŽle de l’Eros primordial sera justement d’exercer sa puissance divine pour faire exprimer Ă  ces grandes instances originelles toute la vie qu’elles portent en elles et initier ainsi la GenĂšse, car comme l’écrira Aristote, qui a tout dit, il fallait bien que se trouvĂąt dans les ĂȘtres une cause capable de donner le mouvement et l’ordre aux choses ! »[20]. Eros reprĂ©sente donc une puissance gĂ©nĂ©ratrice antĂ©rieure Ă  la division des sexes et Ă  l’opposition des contraires. C’est un Eros primordial en ce sens qu’il traduit la puissance de renouvellement Ă  l’Ɠuvre dans le processus mĂȘme de la genĂšse, le mouvement qui pousse d’abord Chaos et GaĂŻa Ă  Ă©merger successivement Ă  l’ĂȘtre puis, aussitĂŽt nĂ©s, Ă  produire Ă  partir d’eux-mĂȘmes quelque chose d’autre »,[21] le principe des accouplements » qui suivront[22]. Par le nom d’Eros, Ă©crit Paul Mazon, les anciens entendaient cette force mystĂ©rieuse qui leur semblait pousser les Ă©lĂ©ments de la matiĂšre les uns vers les autres pour crĂ©er toujours des ĂȘtres nouveaux, conception qui reparaĂźtra dans la philia φÎčλία d’EmpĂ©docle[23] et qui ne cessera de hanter l’imagination des poĂštes de tous les temps. »[24] Tel Ă©tait et tel sera toujours Eros. Chaos Κάο, le premier Ă  venir Ă  ĂȘtre », soulĂšve davantage de questions. Si GaĂŻa est la mĂšre universelle et Eros la force gĂ©nĂ©ratrice de la genĂšse, qui est Chaos, et en quoi est-il indispensable Ă  la crĂ©ation ? La diversitĂ© des hypothĂšses proposĂ©es est peut-ĂȘtre le signe de cette incertitude. On a longtemps interprĂ©tĂ© ce vide » comme Ă©tant l’espace entre la Terre et le Ciel, mais cette explication se heurte au fait que si Chaos est apparu le premier, il ne pouvait y avoir encore ni Terre ni Ciel [26]
 Les stoĂŻciens le voyaient comme une masse oĂč se trouvent indistinctement mĂȘlĂ©s tous les Ă©lĂ©ments constitutifs de l’univers » [27]. Il symboliserait ainsi, pour d’autres, un Ă©tat initial de la rĂ©alitĂ© prĂ©-cosmique, un abĂźme bĂ©ant Ă  partir duquel ou dans lequel apparaĂźtrait la manifestation cosmique. GaĂŻa serait ainsi apparue dans Chaos, l’espace Ă  l’intĂ©rieur duquel doit se dĂ©velopper le monde, puisqu’il n’y en a aucun autre. En somme Chaos, venu le premier, serait l’espace qui entoure le monde, GaĂŻa la matrice Ă  partir de laquelle il se serait dĂ©ployĂ©, et Eros la force qui aurait enclenchĂ© sa naissance et son dĂ©veloppement, la cause efficiente de l’apparition de l’univers [28]. Les principes Ă©tant en place, ils se divisent aussitĂŽt. Terre dabord enfanta un ĂȘtre Ă©gal Ă  elle-mĂȘme, capable de la couvrir tout entiĂšre, Ouranos ΟύραΜ, le Ciel Ă©toilĂ©, qui devait offrir aux dieux bienheureux une assise sĂ»re Ă  jamais. Elle mit aussi au monde les hautes montagnes, plaisant sĂ©jour des dĂ©esses les Nymphes, habitantes des monts vallonnĂ©s. Elle enfanta aussi la mer infĂ©conde aux furieux gonflements, Pontos Î ÎœÎż, sans l’aide du tendre amour », toutes choses dont elle portait en elle les principes. Ici s’achĂšve la premiĂšre phase de la cosmogonie avec l’apparition de la Terre, du Ciel et de la Mer, les Ă©lĂ©ments constitutifs de la nature. Selon HomĂšre, Ă  la troisiĂšme gĂ©nĂ©ration divine, ce monde fut rĂ©parti entre les trois fils de Cronos ÎšÏÎœÎż[29] Zeus ΖΔύ pour l’ouranien, HadĂšs ΑίΎη pour les tĂ©nĂšbres sous terraines, et PoseĂŻdon ΠοΔÎčÎŽÎŹÎœ pour le royaume marin. Dans le chant XV de l’Iliade, PosĂ©idon raconte Nous sommes trois frĂšres, issus de Cronos, enfantĂ©s par RhĂ©a Zeus et moi, et, en troisiĂšme, HadĂšs, le monarque des morts. Le monde a Ă©tĂ© partagĂ© en trois ; chacun a eu son apanage. J’ai obtenu pour moi, aprĂšs tirage au sort, d’habiter la blanche mer Ă  jamais ; HadĂšs a eu pour lot l’ombre brumeuse, Zeus le vaste ciel, en plein Ă©ther, en pleins nuages »[30]. ClĂ©mence Ramnoux y voit la structure spatiale de l’homme grec, trois royaumes Ă©tagĂ©s, le royaume ouranien en haut, le royaume tĂ©nĂ©breux en bas, le royaume marin tout autour ».[31] L’ombre brumeuse Ă©voquĂ©e par Poseidon reprĂ©sente les tĂ©nĂšbres des espaces sous-terrains oĂč se trouvent les Enfers, le royaume d’HadĂšs. Au milieu se trouve la terre, une no god’s land »[32] qui sera l’habitat de l’humanitĂ© mortelle, aux dĂ©pens de laquelle se joueront les jeux de pouvoir des domaines divins. Jusque-lĂ  le processus cosmogonique s’est limitĂ© Ă  la sĂ©paration spontanĂ©e des diffĂ©rents Ă©lĂ©ments du monde. Une fois ces Ă©lĂ©ments créés et les sexes dĂ©partagĂ©s la cosmogonie se poursuit dĂ©sormais par l’union de deux principes de sexe opposĂ©. Mais ce ne sera pas plus simple pour autant. La Terre fait le Ciel aussi immense qu’elle, afin qu’il la recouvre et l’enveloppe tout entiĂšre. De leur Ă©treinte ininterrompue naĂźt la premiĂšre gĂ©nĂ©ration des dieux, d’abord les douze Titans, six garçons et six filles, dont le premier est, chez HĂ©siode, OkĂ©anos, le fleuve qui encercle la Terre dont HomĂšre avait fait le pĂšre des dieux. Suivent une succession d’ĂȘtres monstrueux les trois Cyclopes au cƓur violent, Ă  l’ñme brutale, 
 en tout pareils aux dieux, si ce n’est qu’un seul Ɠil Ă©tait placĂ© au milieu de leur front », et les trois HĂ©katonchires Ceux-lĂ  avaient chacun cent bras, qui jaillissaient, terribles, de leurs Ă©paules, ainsi que cinquante tĂȘtes, attachĂ©es sur l’épaule Ă  leurs corps vigoureux. Redoutable Ă©tait la puissante vigueur qui complĂ©tait leur Ă©norme stature »[33]. Des ĂȘtres d’une force irrĂ©pressible car ces premiĂšres crĂ©atures, bien que divines, sont encore proches de la violence et du dĂ©sordre du Chaos originel. C’étaient de terribles fils qui Ă©taient nĂ©s de Terre et de Ciel, et leur pĂšre les avait en haine dĂšs le premier jour [34] ». A mesure qu’ils naissent, Ouranos les repousse dans les flancs de la Terre, et GaĂŻa souffre, immense, alourdie par la charge de tous ces enfants. VautrĂ© sur elle, Ouranos interrompt la genĂšse et empĂȘche l’alternance du jour et de la nuit. A peine entamĂ©e, la genĂšse est bloquĂ©e. Se produit alors le crime fondateur. GaĂŻa, exaspĂ©rĂ©e, mĂ©dite une cruelle et perfide vengeance » vis Ă  vis d’Ouranos. Elle s’adresse Ă  ses enfants enfermĂ©s dans son ventre Fils issus de moi et d’un furieux, si vous voulez m’en croire, nous chĂątierons l’outrage criminel d’un pĂšre, tout votre pĂšre qu’il soit, puisqu’il a le premier conçu oeuvres infĂąmes. Elle dit, et la terreur les prit tous, et nul d’eux ne dit mot. »[35]. Et c’est ici qu’apparaĂźt un personnage destinĂ© Ă  jouer un grand rĂŽle dans cette histoire, Cronos ÎšÏÎœÎż, le plus jeune des Titans, le dieu aux pensers fourbes, le plus redoutable de tous ses enfants, qui prit en haine son pĂšre florissant ».[36] Il rĂ©pond Ă  sa mĂšre. C’est moi, mĂšre, je t’en donne ma foi, qui ferai la besogne. D’un pĂšre abominable je n’ai point de souci, tout notre pĂšre qu’il soit, puisqu’il a le premier conçu Ɠuvres infĂąmes ». A ces mots l’énorme Terre en son cƓur ressentit une grande joie ». Elle remet entre les mains de son jeune fils une faulx Ă©norme, longue et acĂ©rĂ©e, qu’elle a elle-mĂȘme fabriquĂ©e et lui enseigne tout le piĂšge. Et le grand Ciel vient, amenant la nuit ; enveloppant Terre, tout avide d’amour, le voilĂ  qui s’approche et s’épand en tous sens ». C’est alors que le fils, de son poste, Ă©tend la main gauche, tandis que de la droite il saisit l’énorme, la longue serpe aux dents aiguĂ«s, et, brusquement, il fauche les bourses de son pĂšre, les jetant ensuite, au hasard, derriĂšre lui »[37]. Le Ciel, violemment arrachĂ© Ă  la Terre, s’en sĂ©pare Ă  jamais se fixant tout en haut du monde. La lumiĂšre envahit l’espace, le premier jour naĂźt, le Cosmos est constituĂ©. Tenant en sa main gauche le sexe tranchĂ© de son pĂšre, Cronos le jette derriĂšre lui. Ce geste fera, pour toujours, de la main gauche la mauvaise main », la sinistre. L’organe sanglant retombe d’abord sur la Terre, puis rĂ©pand sa semence jusque dans la mer, fĂ©condant ainsi Terre et Mer. S’éloignant Ă  jamais de GaĂŻa, Ouranos lancera Ă  ses fils une malĂ©diction dont l’écho retentira au long des siĂšcles. Le pĂšre, le vaste ciel, les prenant Ă  parti, aux fils qu’il avait enfantĂ©s donna le nom de Titans[38] Ă  tendre trop haut le bras, ils avaient, disait-il, commis dans leur folie un horrible forfait, et l’avenir en saurait tirer vengeance [39]. Car Ă©tendre le bras ou la main Ă©tait un signe de rĂ©volte. Eve aussi Ă©tendra la main pour cueillir le fruit de l’arbre interdit. Cronos libĂšre ses frĂšres des entrailles de leur mĂšre, et les enfants de GaĂŻa et Ouranos rendus Ă  la lumiĂšre, tous les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă  l’achĂšvement du processus de crĂ©ation sont dĂ©sormais en place. Le temps reprend son cours. La genĂšse peut se poursuivre. Quelques mots sur Cronos, le Saturne des Romains. En grec, chronos veut dire temps, et tant que Cronos Ă©tait enfermĂ© dans le sein de sa mĂšre le Temps s’était arrĂȘtĂ© et la GenĂšse Ă©tait interrompue. La castration d’Ouranos permet ainsi non seulement la naissance de l’espace et de la lumiĂšre mais aussi la reprise de l’écoulement du temps, la succession des gĂ©nĂ©rations divines et avec elles la poursuite de la genĂšse. C’est peut-ĂȘtre la raison pour laquelle on a donnĂ© Ă  Cronos le nom du Temps. Et comme beaucoup d’entre nous, Cronos ne voulait pas que le temps passe. La sĂ©paration violente du Ciel et de la Terre, initialement soudĂ©s comme un oeuf, est un acte de crĂ©ation qui se retrouve dans de nombreuses cosmogonies. D’aprĂšs ClĂ©mence Ramnoux, le coup de serpe castrateur appartiendrait Ă  un vieux matĂ©riel des mythes de la crĂ©ation »[40]. En Egypte Geb, dieu de la Terre et Nut, dĂ©esse du Ciel s’aimĂšrent tant que Chou, dieu de l’air, qu’ils avaient engendrĂ©, dut les sĂ©parer, arrachant lĂ  aussi le ciel Ă  la terre. En Chine, le Yin et le Yang dĂ©riveraient de chaque moitiĂ© d’un Chaos qui se coupe lui-mĂȘme en deux pour constituer le ciel et la terre. Retrouver un geste de crĂ©ation similaire s’étendant sur une telle Ă©chelle d’espace et de temps signifie qu’il s’agirait d’un mythĂšme, une reprĂ©sentation collective Ă  l’origine de mythes, que Cornford a attribuĂ©e au collective mind et Ă  l’ inconscient collectif de l’humanitĂ©. La descendance du membre castrĂ© d’Ouranos fut sombre. Elle rĂ©alisa la malĂ©diction lancĂ©e par Ouranos mutilĂ© Ă  ses enfants. Ce ne fut pas pourtant un vain dĂ©bris qui lors s’enfuit » de la main de Cronos. Des Ă©claboussures sanglantes en avaient jailli. La Terre les reçut toutes, et avec les annĂ©es, elle fit naĂźtre les puissantes Erynies, les puissants GĂ©ants aux armes Ă©tincelantes, qui tiennent entre leurs mains de longues javelines, et les Nymphes aussi qu’on nomme MĂ©liennes, sur la Terre infinie[41] ». Les trois Erynies, ou Furies, Ă©taient les terribles dĂ©esses de la Justice et de la Vengeance des crimes commis contre la personne des parents, appelĂ©es aussi EumĂ©nides, ou encore Bienveillantes par Eschyle[42]. Les Erynies, au corps ailĂ© et Ă  la chevelure entremĂȘlĂ©e de serpents habitaient le sombre Tartare, dont elles surgissaient, chiennes enragĂ©es des enfers, aux yeux distillant le sang, pareilles aux harpies noires et hideuses » apportant avec elles les tĂ©nĂšbres, brandissant des fouets et des torches, poussant d’effroyables aboiements semblables Ă  ceux des singes hurleurs du Honduras qui terrorisent la nuit les voyageurs endormis, pour veiller Ă  l’accomplissement de la Justice. De ce sang naquirent aussi les GĂ©ants, vouĂ©s Ă  la violence et Ă  la guerre meurtriĂšre, et les Meliades, Nymphes des FrĂȘnes qui ont Ă©galement une vocation guerriĂšre, les lances dont se servent les guerriers, celle avec laquelle Achille tuera Hector, Ă©tant faites du bois des frĂȘnes. Quant’aux bourses, Ă  peine les eut-il tranchĂ©es avec l’acier et jetĂ©es de la terre Ă  la mer au flux sans repos, qu’elles furent emportĂ©es au large, longtemps, et, tout autour, une blanche Ă©cume sortait du membre divin. De cette Ă©cume une fille se forma », qui, voyageant sur les ondes aborda d’abord Ă  CythĂšre, puis Ă  Chypre oĂč elle se fixa, et c’est lĂ  que prit terre la belle et vĂ©nĂ©rĂ©e dĂ©esse qui faisait autour d’elle, sous ses pieds lĂ©gers, croĂźtre le gazon et que les dieux aussi bien que les hommes appellent Aphrodite », parce qu’elle naquit de l’écume des mers, aphros ጀφρ en grec. AussitĂŽt, l’Amour, Eros, et le beau dĂ©sir, Himeros, lui firent cortĂšge. PremiĂšre femme de la lignĂ©e des dieux, dĂ©esse ouranienne proche de la violence de ses demi-frĂšres les Titans, Aphrodite, nĂ©e d’un organe gĂ©nĂ©rateur, sans mĂšre, sacrĂ©e dĂ©esse de l’amour et du dĂ©sir, initie le moment oĂč la reproduction s’opĂ©rera dĂ©sormais par l’union de deux principes contraires, le masculin et le fĂ©minin, attirĂ©s l’un Ă  l’autre par la force d’Eros et HimĂ©ros, mais distincts et opposĂ©s. Pour les philosophes prĂ©socratiques le monde s’organisera par le mĂ©lange ou l’opposition de contraires comme le chaud et le froid, le mouillĂ© et le sec. Pour Cornford, les sexes auront Ă©tĂ© les premiers contraires. Ainsi, de la fĂ©conditĂ© dĂ©sormais abolie du sexe tranchĂ© d’Ouranos, sont nĂ©s, d’une part la haine, la violence et les massacres, mais aussi, de l’écume des mers, le principe fĂ©minin, avec la beautĂ©, le dĂ©sir et la sĂ©duction, mais aussi le mensonge et la tromperie. VoilĂ  pour la descendance d’Ouranos. Une autre lignĂ©e d’ĂȘtres apparaĂźt avec la descendance de Chaos. Ils sont d’une tout autre nature que la progĂ©niture de GaĂŻa, ce sont les ĂȘtres de la nĂ©gativitĂ© de l’existence, les Ă©lĂ©ments chaotiques du monde. Chaos donne naissance, lui aussi par la division de sa propre substance, au tĂ©nĂ©breux ErĂšbe ΕρΔÎČ et Ă  la noire Nuit ΝύΟ. La progĂ©niture de Nuit constituera une lignĂ©e d’enfants parallĂšle Ă  celle de GaĂŻa et Ouranos, mais qui reprĂ©sentera son contraire, Ă  savoir tous les Ă©lĂ©ments nĂ©fastes et redoutables de l’univers, en un mot le Tragique et le Mal. Nuit enfanta Moros ÎœÏÎż la mort, la noire KĂšre ÎšÎźÏ l’esprit vengeur du mort, Thanatos Î˜ÎŹÎœÎ±Îż le trĂ©pas, son frĂšreHypnos Î„Ï€ÎœÎż le sommeil et la race des Songes φύλη ÎŸÎœÎ”ÎŻÏÎżÎœ, puis Sarcasme et DĂ©tresse ÎœÏŽÎŒÎż et Οጎζύ. Suivent trois entitĂ©s fĂ©minines, les HespĂ©rides, gardiennes des Portes du Soir, oĂč Jour et Nuit se croisent, et par oĂč Sommeil et Mort, qui vont de pair, se rĂ©pandent, les Moirai et les KĂšres et de multiples autres. HĂ©siode est le premier penseur de la GrĂšce qui propose une vision organisĂ©e bien que mythique de l’univers divin et humain. Si HomĂšre avait le premier parlĂ© des dieux et de leurs multiples interventions dans les affaires humaines, l’oeuvre d’HĂ©siode crĂ©e pour la premiĂšre fois une mythologie Ă  la fois mystique et savante, poĂ©tique et abstraite, narrative et systĂ©matique, traditionnelle et personnelle » avec toute la finesse et toute la rigueur d’un systĂšme philosophique mais qui reste encore entiĂšrement engagĂ©e dans le langage et le mode de pensĂ©e propres au mythe » [43] [1] Trois essais sur HĂ©siode in La Nuit et les enfants de la Nuit. Champs. Flammarion. [2] Vernant JP. [3] HĂ©siode. ThĂ©ogonie 55-61. Les Belles Lettres 2019. Trad. Paul Mazon mod. [4] Ibid. 104-115 [5] ÎšÎŒÎż signifie monde organisé’ par opposition Ă  Κάο, le Chaos. [6] Rowe, C. J. “’Archaic Thought’ in Hesiod.” The Journal of Hellenic Studies, vol. 103, 1983, pp. 124–135. JSTOR, [7] Cornford FM. Pattern of Ionian Cosmogony in Principium Sapientiae Harper Torchbooks, Harper & Row 1965. [8] A ne pas confondre avec ThĂ©tis, la mĂšre d’Achille, d’apparition plus tardive dans les gĂ©nĂ©rations divines. [9] ThalĂšs de Milet, premier des philosophes prĂ©socratiques, avait attribuĂ© la nature du monde Ă  leau. [10] JP. Vernant. Cosmogonie in Entre mythe et politique. ƒuvres. Opus. Seuil. [11] HomĂšre. Iliade XIV 200-1. Classiques en poche. Les Belles Lettres. Ed bilingue. [12] Platon. ThéétĂšte 152e. In ƒuvres complĂštes. EncyclopĂ©die de la PlĂ©iade Gallimard 1950. [13] [14] HĂ©siode 775-807 [15] Mythologie ou la famille olympienne. In ƒuvres. Les Belles Lettres, tome 1. 2020 [16] Ibid. 116-120 [17] HĂ©siode 116-122 [18] JP. Vernant. . [19] HĂ©siode 120 [20] Aristote BibliothĂšque des textes philosophiques. A4 984b 29-31 [21] [22] Ramnoux C. Trois essais 
 [23] EmpĂ©docle avait attribuĂ© la nature du monde aux quatre Ă©lĂ©ments qui se combinaient ou se repoussaient selon l’Amour ou la Haine, Philia φÎčλία ou Neikos ÎœÎ”áżÎșÎż. [24] Mazon P. Notice. ThĂ©ogonie. [25] HĂ©siode 739-43. [26] v. Cornford FM. Principium sapientiai. 
 [27] Vernant JP. 1970 [28] Bussanich J. [29] Cronos Ă©tait le plus jeune fils de GaĂŻa et Ouranos, v. plus loin. [30] HomĂšre Iliade XV 187-194 Classiques en Poche Ed. bilingue. Les Belles Lettres. Paris 2015 [31] Ramnoux C. [32] Ibid. p. 630 [33] HĂ©siode 153 [34] [35] [36] [37] [38] De titainondas Ă©tendre le bras. [39] Ibid. 207-11 [40] Ramnoux C. Trois essais sur HĂ©siode [41] Dans certaines cosmogonies primitives, les Nymphes MĂ©liennes, c’est-Ă -dire les Nymphes des FrĂȘnes, Ă©taient les mĂšres de la race humaine. HĂ©siode, 1. [42] Ce qui explique peut-ĂȘtre le titre du terrible roman de Jonathan Littell, Les Bienveillantes », Gallimard. [43] JP. Vernant L’Univers, les Dieux, les Hommes. Oeuvres I. Opus. Editions du Seuil, 2007 et Cosmogonie, Contrairement aux religions monothĂ©istes, la mythologie grecque ne dispose pas d’un texte de rĂ©fĂ©rence. Plusieurs rĂ©cits diffĂ©rents relatant la crĂ©ation de l’univers existent donc. Dans cette article, nous parlerons du rĂ©cit le plus connu la ThĂ©ogonie du poĂšte grec HĂ©siode. Du Chaos naĂźt le monde Au commencement de ce rĂ©cit, seul l’élĂ©ment primordial Chaos existe ; une profondeur bĂ©ante. Chaos donne ensuite naissance aux premiers Dieux primordiaux GaĂŻa dĂ©esse de la Terre, Tartare dieu des abĂźmes insondables mais aussi niveau le plus bas et terrible des enfers et Éros dieu du dĂ©sir et de l’amour qui malgrĂ© son titre n’aura pas d’enfant. Plus tard, Chaos engendre 2 nouveaux Dieux primordiaux Nyx dĂ©esse de la nuit et ErĂšbe dieu des tĂ©nĂšbres. Ces nouveaux arrivants portent donc Ă  5 le nombre de Dieux primordiaux issus directement du Chaos. Cette premiĂšre gĂ©nĂ©ration va ensuite donner naissance Ă  une seconde gĂ©nĂ©ration de Dieux primordiaux issus de relations incestueuses entre les membres de la premiĂšre gĂ©nĂ©ration. C’est ainsi que la dĂ©esse de la nuit Nyx et son frĂšre ErĂšbe le dieu des tĂ©nĂšbres donne notamment naissance Ă  HĂ©mĂ©ra dĂ©esse du jour et Éther dieu du ciel supĂ©rieur. GaĂŻa la dĂ©esse de la Terre va enfanter toute seule Pontos dieu de l’eau, OurĂ©a dieu des montagnes et Ouranos dieu de la pluie. Ces Dieux primordiaux sont donc Ă  la base du panthĂ©on grec. Cela signifie que tous les Dieux grecs les plus connus comme Zeus ou PosĂ©idon sont leurs descendants. Poterie datant du 5 Ăšme siĂšcle avant J-C et reprĂ©sentant Éros, le dieu de l’amour et du dĂ©sir. Visible au musĂ©e du Louvre. La crĂ©ation de l’homme Aucune source n’explique rĂ©ellement la crĂ©ation de l’homme. Cependant, la plupart des sources antiques s’accordent sur le nom des ancĂȘtres de l’humanitĂ© actuelle. Ces ancĂȘtres se nommeraient Deucalion et Pyrrha. Ils seraient les seuls survivant d’un dĂ©luge et rebĂątiront l’humanitĂ© en façonnant des humains Ă  partir de pierre. On sait aussi qu’avant l’ouverture de la boite de Pandore, les premiers hommes vivaient un Ăąge d’or ils ne connaissaient ni la guerre, ni la famine, ni la maladie. Il est toutefois intĂ©ressant que ces mythes ressemblent aux Ă©pisodes d’Adam et Ève ainsi que celui du DĂ©luge Ă©voquĂ©e dans les grandes religions monothĂ©istes. Et Zeus crĂ©a la femme Bien que la crĂ©ation des hommes n’apparaisse pas dans la mythologie grec, celle des femmes est abordĂ©e dans les Ɠuvres la ThĂ©ogonie et les Travaux et les Jours d’HĂ©siode. Emprunte de misogynie, la crĂ©ation de la femme serait due Ă  la volontĂ© de Zeus. En effet, pour punir les hommes suite au don du feu que leur a fait PromĂ©thĂ©e, le dieu des dieux demande Ă  HĂ©phaĂŻstos dieu du feu, de la forge et des volcans de crĂ©er une femme. NommĂ©e Pandora don de tous les dieux en grec, celle-ci est créée Ă  partir de terre et chaque dieu lui donne une caractĂ©ristique physique ou un vĂȘtement. DerriĂšre sa beautĂ©, Pandora sera toutefois une terrible punition pour les hommes. En effet, c’est elle qui ouvre la boite de Pandore et libĂšre sur le monde la maladie, la guerre et les autres maux. Fourbe, Zeus avait donnĂ© la boite de Pandore Ă  Pandora en lui interdisant formellement de l’ouvrir. Pour ĂȘtre sĂ»r que la jeune femme lui dĂ©sobĂ©isse, Zeus lui avait toutefois fait don d’une grande curiositĂ© lors de sa crĂ©ation. Contrairement aux religions monothĂ©istes oĂč Dieu et ses suivants sont globalement dĂ©peint comme des modĂšles de vertus, la mythologie grecque n’hĂ©site donc pas Ă  dĂ©peindre les Divins comme des ĂȘtres imparfaits, avec des traits de caractĂšres mauvais et n’hĂ©sitant pas Ă  faire le mal. Read more articles Le projet Philosophique des LumiĂšres La Civilisation On appelle souvent le 18Ăšme siĂšcle le “siĂšcle de la Raison” ou le “SiĂšcle des LumiĂšres“. C'est parce que le monde occidental a Ă©tĂ© inflĂ©chi par ce groupe informe des LumiĂšres, Ă  la fois philosophie, mouvement culturel et politique, lequel a cherchĂ© Ă  instituer la raison dans tous les domaines de l'esprit. Le projet des LumiĂšres est de substituer la raison partout oĂč c'est possible face Ă  la foi aveugle, Ă  la superstition, au rĂ©gime autocratique et arbitraire, Ă  la force brute et Ă  la ruse en politique, au poids de la tradition dans les institutions sociales, aux instincts primitifs ou aux sentiments incontrĂŽlĂ©s dans les relations et la morale en gĂ©nĂ©ral. Autrement dit, le projet est de civiliser l'homme et son environnement, en s'appuyant sur la raison humaine. Le siĂšcle des LumiĂšres vise Ă  construire pour l'humanitĂ© un avenir qui se caractĂ©rise par la rationalitĂ© scientifique, la croyance en le progrĂšs technique, la dĂ©mocratie, la tolĂ©rance religieuse y compris la libertĂ© de ne pas croire en Dieu, la paix universelle, et l'amĂ©lioration continue de la vie des peuples tant en termes de confort matĂ©riel que culturel et Ă©ducatif. Exit les guerres fanatiques, la rĂšgle des monarques absolus et des aristocrates privilĂ©giĂ©s, ainsi que l'ignorance des populations qui avaient Ă©tĂ© maintenus dans leur Ă©tat pendant trop longtemps. Exit l'esclavage, la torture et les peines cruelles. Les pĂšres philosophiques de ce mouvement sont RenĂ© Descartes et John Locke, les penseurs du 17Ăšme siĂšcle. L'application pratique et le dĂ©veloppement de ces impulsions est largement due aux travaux d'un groupe d'intellectuels français, les encyclopĂ©distes. Ils ont Ă©crit la premiĂšre encyclopĂ©die systĂ©matique des connaissances humaines, publiĂ© entre 1751 et 1772. Parmi les encyclopĂ©distes, on peut citer Voltaire, Diderot et Rousseau. Au-delĂ  de la philosophie et la lutte des idĂ©es, l'EncyclopĂ©die a cherchĂ© Ă  amĂ©liorer concrĂštement l'existence des individus. En effet, des articles sur l'assĂšchement des marais, l'amĂ©lioration des conditions sanitaires, la mise Ă  disposition de nouvelles terres pour la production agricole, la construction de canaux et des routes en tĂ©moignent. Ces penseurs on voulu faire de la sociĂ©tĂ© un lieu confortable, sĂ»r, prĂ©visible et Ă©quitable. Les LumiĂšres et l'autodĂ©termination une philosophie politique L'objectif du siĂšcle des LumiĂšres Ă©tait l'autodĂ©termination, c'est-Ă -dire la facultĂ© Ă  dĂ©cider pour soi-mĂȘme en toute indĂ©pendance. Sur un plan personnel, chaque individu doit avoir le droit de dĂ©terminer par lui-mĂȘme sa façon de vivre. Sur le plan social et politique, les LumiĂšres prĂŽnent un gouvernement dĂ©mocratique autonome les citoyens d'une sociĂ©tĂ© Ă©clairĂ©e n'ont nul besoin d'un monarque ou un autre figure du pĂšre pour penser et pour dĂ©libĂ©rer. Sur le plan de la survie physique, les LumiĂšres prĂŽnent un contrĂŽle des forces et des ressources de la nature au profit des ĂȘtres humains. SĂ©cheresses, inondations, tempĂȘtes, Ă©pidĂ©mies, ont rendu l'humanitĂ© impuissante vis-Ă -vis de la nature. En tĂ©moigne le fameux poĂšme de Voltaire sur le tremblement de terre de Lisbonne, dans lequel Voltaire s'indigne du fatalisme leibnizien l'homme doit domestiquer la nature pour maĂźtriser son destin. La science et la technique sont des Ă©lĂ©ments clĂ©s de l'humanisme des LumiĂšres. Les LumiĂšres sont donc un puissant courant de pensĂ©e, une source d'inspiration pour les philosophes et les hommes politiques qui leur ont succĂ©dĂ©.

18 contes de la naissance du monde résumé